À seulement cinq ans de l’échéance fixée pour la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), en 2030, l’ONU a fait porter une voix collective, le 22 septembre à New York, lors du « Moment ODD ».
Cet évènement, décidé lors du Sommet des ODD de 2019, vise à mettre en lumière chaque année, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’état d’avancement des 17 Objectifs de développement durable (ODD) décidés par les pays membres de l’ONU en 2015 à l’horizon 2030.
Le « Moment ODD » rassemble les partenaires des Nations Unies, les gouvernements, le secteur privé, la jeunesse et la société civile, pour amplifier l’appel mondial à « tenir la promesse » dans la lutte contre la pauvreté, la faim, les inégalités, la pollution et l’habitat précaire, entre autres.
L’importance des progrès réalisés dans le cadre des ODD
La réalisation des ODD se heurte à nombre d’obstacles majeurs : changement climatique, pandémie de Covid, poids de la dette, conflits en cours et baisse de l’aide publique au développement (APD). Aujourd’hui, seulement 35 % des cibles des ODD sont en bonne voie ou enregistrent des progrès modérés. Près de la moitié progresse lentement et 18 % ont régressé.
Dans ses remarques d’introduction, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a insisté sur l’importance de « chaque point de pourcentage, de chaque fraction décimale ». Il a rappelé l’importance des avancées réalisées.
« Un nombre record de filles sont scolarisées, les taux d’obtention de diplômes de tous les étudiants sont en hausse. La mortalité infantile a diminué, tout comme la mortalité maternelle. Les infections au VIH sont en baisse. L’électricité atteint désormais 92 % de la population mondiale, et la région Asie-Pacifique est en bonne voie pour atteindre l’accès universel à l’énergie ».
Les dépenses militaires, 13 fois plus importantes que l’aide au développement
Le Secrétaire général a également souligné le fait qu’en 2024, « les dépenses militaires globales ont représenté 13 fois l’aide publique au développement, soit le PIB de toute l’Afrique. Ce n’est pas une question de ressources, mais une question de choix (…) ».
« Nous devons élever la voix face à ceux qui voudraient voir disparaître les 17 ODD », a déclaré Annalena Baerbock, ancienne ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne et présidente de l’Assemblée générale de l’ONU pour sa 80e session.
Alors que l’aide publique au développement (APD) a régressé de 7,1 % en 2024, Annalena Baerbock a appelé à plus de financements. Elle a cité des besoins qui concernent non seulement des pays les moins développés tels que le Mozambique, mais aussi les nations à revenus moyens qui présentent des vulnérabilités, ou encore de petits Etats insulaires comme les Maldives ou des pays enclavés tels que la Mongolie, confrontés au changement climatique, avec la montée du niveau de la mer et la désertification.
Discussion entre chefs d’Etat sur les ODD
Hilda Heine, la présidente des îles Marshall, un petit Etat insulaire, a échangé avec le Premier ministre de l’Irlande, Michael Martin, sur les avancées vers les ODD, lors d’un panel modéré par Amina Mohammed, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU.
Hilda Heine a souligné l’importance de « l’efficacité » de l’action climatique, tandis que Michael Martin a évoqué le besoin de « réaffirmer le multilatéralisme », face aux attaques actuelles, « qui touchent aussi les entités de l’ONU ». Dans son programme d’APD, l’Irlande cherche ainsi à être « une source prévisible de financements pour les pays et les agences de l’ONU », pour qu’ils « puissent planifier leur travail en conséquence ».
« Nous ne pouvons pas nous permettre d’être défaitistes », affirme la Reine Mathilde de Belgique
La dynamique en faveur de la promesse de « ne laisser personne de côté » est portée par leadership de diverses communautés, de la société civile et des entreprises, des jeunes, des femmes et des personnes handicapées, qui ont partagé le 22 septembre leur expérience vécue et leur capacité d’innovation.
Le panel multipartite a réuni des acteurs du changement et des leaders d’opinion afin d’inspirer une action accélérée vers les ODD, qui sont aussi des garants de la paix et de la stabilité.
« Les crises se multiplient et se poursuivent, a déclaré la Reine Mathilde de Belgique, défenseure des ODD. Le multilatéralisme est sous pression. Les financements sont insuffisants. Les inégalités et la pauvreté continuent d’augmenter. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’être défaitistes. Il est d’autant plus crucial, en ces temps critiques, de prendre nos responsabilités et d’engager nos efforts pour réaliser les objectifs et les valeurs sur lesquelles nous nous sommes engagés en 2015 ».
LIENS UTILES
L’Assemblée générale des Nations Unies en sept questions
Avancées vers les ODD : peut mieux faire !
