ActualitésClimat : les moments forts de la COP28

Climat : les moments forts de la COP28

La COP28 s’est terminée le 13 décembre, après d’intenses négociations sur sa déclaration finale, qui ont abouti à un compromis sur la « transition hors des énergies fossiles ».

Une victoire du multilatéralisme, mais aussi de la diplomatie européenne, l’Union européenne (UE) s’étant opposée le 12 décembre, avec les Etats-Unis et l’Alliance des petits Etats insulaires à la première version de la déclaration finale. Celle-ci a été jugée « inacceptable » parce qu’elle appelait à « la réduction de la consommation et de la production des carburants fossiles », sans mentionner la sortie de l’ère des fossiles.

Parmi les principales mesures envisagées figure le triplement de la capacité mondiale d’énergies renouvelables d’ici à 2030, un objectif auquel ont souscrit 116 parties lors de la COP28 – sans la Chine, l’Inde et la Russie.

Au-delà de son dénouement, que faut-il retenir de la plus grande conférence internationale sur le climat, à laquelle 197 pays et l’UE étaient représentés et plus de 70 000 participants accrédités ? Retour sur les moments forts, chiffres clés et citations marquantes de la COP28.

1 – Dès le premier jour, la création d’un fonds « perte et préjudices »

Ce fonds, dont la mise en place a été négociée lors de la COP27, vise à soutenir les pays les plus vulnérables face aux désastres climatiques. Salué comme une avancée majeure et un « bon départ » pour la COP28 par Simon Stiell, le chef d’ONU Climat, il a fait l’objet de promesses d’engagement de 792 millions de dollars de la part des Etats.

2 – C’est officiel : 2023, l’année la plus chaude jamais enregistrée

Aux premiers jours de la COP28, les rapports se sont succédé sur l’aggravation de la situation climatique. Les scientifiques européens de Copernicus comme l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ont alerté sur les records absolus de températures atteints en 2023, à 1,40° C au-dessus de la moyenne préindustrielle (1850-1900).

La dernière décennie a été la plus chaude jamais enregistrée, une tendance alimentée par « les émissions de gaz à effet de serre provenant des activités humaines », a déclaré le chef de l’OMM. L’urgence est telle, face à la fonte des glaces, que le chef de l’ONU a plaidé avant la COP28 pour la sortie « complète » des énergies fossiles.

3 – L’engagement des compagnies pétrolières jugé insuffisant

Session sur la décarbonation de l'industrie pétrolière.
Session sur les émissions de méthane de l’industrie pétrolière. Crédit : UNFCCC, 2023.

Cet enjeu majeur a été omniprésent. C’est pourquoi l’un des premiers engagements annoncés à Dubaï, le 2 décembre, par 50 compagnies pétrolières, vers un objectif « zéro » émissions de méthane sur leurs opérations d’ici 2030, a été jugé insuffisant par António Guterres : « L’industrie des combustibles fossiles commence enfin à se réveiller, mais les promesses faites sont clairement en deçà de ce qui est nécessaire », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU.

4 – Une déclaration sur les systèmes alimentaires signée par 134 pays

Une première dans l’histoire des COP : l’engagement de 134 pays le 1er décembre, à travers une déclaration, à s’attaquer aux impacts climatiques de l’industrie agroalimentaire.

Ces pays représentent 5,7 milliards de personnes, 70 % de la nourriture consommée et 76 % des émissions produites par le système alimentaire mondial. La déclaration ne comporte cependant pas d’objectifs chiffrés et ne mentionne pas le bétail, notent des observateurs.

5 – Un groupe de 22 pays appelle à tripler l’énergie nucléaire

Le 2 décembre, la France, les Pays-Bas, les Etats-Unis, le Canada et le Japon ont fait partie des 22 pays signataires d’une déclaration appelant à tripler les capacités de production d’énergie nucléaire entre 2020 et 2050, afin de réduire la dépendance à l’égard du pétrole, du gaz et du charbon.

Parmi les pays signataires figurent 11 Etats membres de l’UE : Bulgarie, Finlande, France, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Suède.

6 – 60 pays s’engagent sur l’air climatisé

Autre facette de l’action climatique : la filière du froid et de l’air climatisé, qui génère de plus en plus d’émissions de gaz à effet de serre (7 % du total mondial), à mesure que les températures montent.

Parmi les 60 pays signataires d’un nouvel engagement à réduire ces émissions d’ici 2050, les Etats-Unis, le Canada et le Kenya, conscients des besoins croissants de la filière du froid, qui devraient tripler d’ici 2050.

7 – 35 pays s’engagent à reconnaître des certificats d’hydrogène propre

Une percée : 35 pays, parmi lesquels les Pays-Bas et la Belgique, se sont engagés le 6 décembre à reconnaître mutuellement leurs certificats d’hydrogène propre. Cette avancée devrait permettre des flux transfrontaliers sur de longues distances d’hydrogène bas carbone, produit via des énergies renouvelables.

8 – Un compromis dans la déclaration finale

Les pressions ont été intenses sur les pays producteurs et exportateurs de pétrole, ainsi que le président émirati de la COP28, Sultan Al-Jaber, pour reconnaître la nécessité de sortir des énergies fossiles, responsables à 80 % du réchauffement climatique.

Le compromis l’a emporté le 13 décembre, malgré les déclarations antérieures de l’Arabie Saoudite, pour laquelle il n’était « absolument pas » question de faire figurer ce point. Le texte final mentionne bien la nécessité d’une « transition hors des énergies fossiles ». Une décision « historique pour accélérer l’action climatique », a déclaré Sultan Al-Jaber, après une longue ovation des délégués.

9 – La COP28 en chiffres clés

10 – La COP 28 en citations

Antonio Gutteres et Sultan Al-Jaber à Dubaï.
Antonio Guterres et Sultan Al-Jaber à Dubaï. Crédit : UNFCCC 2023.
  • « Nous traversons un effondrement climatique en temps réel ». António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, 30 novembre 2023.
  • « Nous chercherons à la COP à voir qui se mobilise parmi les sociétés pétrolières et gazières et s’engage non pas à agir dans un avenir lointain, mais dès les prochaines années. Nous commencerons à juger qui est performant et qui ne l’est pas ». Mark Carney, Envoyé spécial des Nations Unies pour le financement de l’action climatique, 30 novembre 2023.
  • « Une COP28 réussie ne dépend pas d’un seul individu ou d’une nation, mais d’une volonté collective et d’efforts concertés de tous les pays dans ces négociations. La science nous impose d’éliminer rapidement les combustibles fossiles, d’accélérer l’adoption des énergies renouvelables et d’augmenter radicalement le financement ». Mary Robinson, ancienne présidente de l’Irlande, ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et ancienne Envoyée pour le changement climatique, 6 décembre 2023.
  • « Notre objectif est clair : les renouvelables sont l’avenir, la fin de l’ère fossile doit devenir une réalité ici à la COP28 ». Jennifer Morgan, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et Envoyée spéciale pour l’action climatique internationale de l’Allemagne, 6 décembre 2023.
  • « Les bonnes intentions ne vont pas réduire de moitié les émissions au cours de cette décennie, ni sauver des vies dès maintenant ». Simon Stiell, chef du climat à l’ONU, 8 décembre 2023.
  • « Nous ne signerons pas notre certificat de décès. Nous ne pouvons pas signer un texte qui ne comporte pas d’engagements forts pour sortir des énergies fossiles ». Cedric Schuster (Samoa), président de l’Alliance des petits Etats insulaires, 11 décembre 2023.
  • « À ceux qui s’opposaient à une référence claire à la sortie des énergies fossiles dans le texte de la COP28, je veux dire que cette sortie est inévitable, que cela leur plaise ou non. Espérons qu’il ne soit pas trop tard ». António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, 13 décembre 2023.

 

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