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Climat : s’adapter ou disparaitre

Le rapport des experts du GIEC, diffusé lundi 28 février, est un « recueil de la souffrance humaine et une accusation accablante envers l’échec des dirigeants » du monde entier à lutter contre les changements climatiques, a estimé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Ce rapport, consacré aux conséquences de ce réchauffement et aux moyens de s’y adapter, indique que la moitié de la population mondiale est d’ores et déjà « très vulnérable » aux impacts cruels et croissants du changement climatique.

« J’ai vu de nombreux rapports scientifiques dans ma vie, mais rien de comparable à celui-ci » , a dit le chef de l’ONU dans un message.

« Près de la moitié de l’humanité vit dans la zone de danger – aujourd’hui et maintenant. De nombreux écosystèmes ont atteint le point de non-retour – aujourd’hui et maintenant. Une pollution carbonique débridée pousse inexorablement les populations les plus vulnérables  vers la destruction – aujourd’hui et maintenant », a énuméré M. Guterres.

Pour lui « Cette abdication de leadership est criminelle» . « Les coupables sont les plus grands pollueurs du monde, qui mettent le feu à la seule maison que nous ayons ».

Alors qu’il faudrait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 45% d’ici 2030 pour limiter à 1,5°C le réchauffement de la planète, les engagements actuels se traduiront par une augmentation de 14% de ces émissions en une décennie.

Et, dit le Secrétaire général « ce serait une catastrophe » et « toute chance de maintenir l’objectif de 1,5°C en vie serait anéantie ».

Le rapport d’aujourd’hui met en évidence deux vérités fondamentales : la première est que le charbon et les autres combustibles fossiles étouffent l’humanité.

Le chef de l’ONU a une nouvelle fois appelé les gouvernements du G20 à démanteler leurs parcs de centrales au charbon. Il a aussi prévenu que les entreprises privées, les géants du pétrole et du gaz – et leurs garants – qui financent encore le charbon doivent répondre de leurs actes.

« Comment se prétendre vert quand les plans et les projets sapent l’objectif de zéro émission nette pour 2050 et ignorent les réductions majeures d’émissions qui doivent être réalisées pendant cette décennie ? » a lancé le Secrétaire général.

Les combustibles fossiles sont, dit-il « une impasse pour notre planète, pour l’humanité et, oui, pour les économies aussi ».

Une transition rapide et bien gérée vers les énergies renouvelables est la seule voie vers la sécurité énergétique, l’accès universel et les emplois verts dont notre monde a besoin.

Le chef de l’ONU a lancé un appel aux pays développés, aux banques multilatérales de développement, aux financiers privés et à d’autres entités afin qu’ils forment des coalitions pour aider les principales économies émergentes à mettre fin à l’utilisation du charbon.

La deuxième vérité, un peu plus positive, est que l’investissement dans l’adaptation aux changements climatiques marche, a ajouté le chef de l’ONU.

« À mesure que les effets des changements climatiques s’aggraveront, et cette évolution ne fait aucun doute, notre survie dépendra du renforcement des investissements dans l’adaptation ».

Pour lui, 50 % de l’ensemble du financement de l’action climatique doit être consacré à l’adaptation.

Il a demandé la levée des  obstacles qui empêchent les petits États insulaires et les pays les moins avancés d’obtenir les financements dont ils ont désespérément besoin pour sauver les vies et les moyens de subsistance.

« Perdre du temps, c’est périr », a insisté António Guterres appelant les banques de développement, multilatérales, régionales ou nationales, à travailler avec les gouvernements pour concevoir des filières de projets d’adaptation susceptibles d’être financés et les aider à trouver les financements, publics ou privés.

Et chaque pays doit honorer l’engagement pris à Glasgow de renforcer chaque année les plans climatiques nationaux jusqu’à ce qu’ils s’alignent sur l’objectif de 1,5°C. Les pays du G20 doivent montrer la voie, sinon l’humanité paiera un prix encore plus tragique.

« Je sais que partout, les populations sont inquiètes et en colère. Je le suis aussi. Le moment est venu de transformer cette rage en actes », a dit le chef de l’ONU.

 

 

 

 

 

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