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COP26 : l’humanité doit cesser de « creuser sa propre tombe »

La dépendance aux énergies fossiles met l’humanité au bord du gouffre, a déclaré lundi, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, dans son discours d’ouverture à la COP26, la Conférence des Nations Unies sur le climat, qui se déroule à Glasgow.

« Nous sommes confrontés à un choix sans appel :  soit nous mettons un terme à cette dépendance, soit elle nous mènera à notre fin », a poursuivi le chef de l’ONU.

« Il est temps de dire : c’est assez.  Assez de brutaliser la biodiversité. Assez de nous tuer avec du carbone. Assez de traiter la nature comme des toilettes. Assez de brûler, de forer et d’extraire toujours plus. Nous creusons notre propre tombe ».

Guterres a déclaré que si, à la fin de la réunion, les engagements pris à Paris lors de la COP21 ne sont pas respectés, les pays devront revoir leurs plans et politiques climatiques nationaux. « Pas tous les cinq ans.  Chaque année.  Jusqu’à ce que le maintien à 1,5 degré soit assuré. Jusqu’à ce que les subventions aux combustibles fossiles cessent. Jusqu’à ce que le prix du carbone soit fixé. Et jusqu’à ce que le charbon soit éliminé progressivement. »

Le Secrétaire général a déclaré que les récentes annonces d’actions climatiques pourraient donner l’impression que nous sommes sur la bonne voie pour renverser la situation. « Il s’agit d’une illusion.  Le dernier rapport publié sur les contributions déterminées au niveau national a montré qu’elles condamneraient encore le monde à une augmentation calamiteuse de 2,7 degrés. »

Des avancées mais des engagements encore trop flous

Le Secrétaire général a toutefois déclaré qu’il y avait « des progrès sur lesquels s’appuyer ».  Il a souligné que de nombreux pays ont mis fin au financement international du charbon, que plus de 700 villes ouvrent la voie à la neutralité carbone et que la Net-Zero Asset Owners Alliance[1] gère 10 000 milliards de dollars d’actifs et catalyse le changement dans tous les secteurs.

Si un certain nombre de pays ont pris des engagements crédibles en faveur d’émissions nettes nulles d’ici le milieu du siècle, le Secrétaire général a exprimé ses inquiétudes face à un « déficit de crédibilité et un surplus de confusion concernant les réductions d’émissions et les objectifs nets zéro, avec différentes significations et différentes mesures. »

« C’est pourquoi […] j’annonce aujourd’hui que je vais créer un groupe d’experts chargé de proposer des normes claires pour mesurer et analyser les engagements nets zéro des acteurs non étatiques. »

Faire de la COP26 un succès

Il a salué la mobilisation de la jeunesse estimant que « L’armée de l’action climatique est inarrêtable ». « Ils sont plus nombreux.  Ils sont plus bruyants. Et, je vous l’assure, ils ne vont pas disparaître. Je suis à leurs côtés », a dit le Secrétaire général devant les délégués présents à la COP26.

Il a conclu son discours par un avertissement sévère : le monde se dirige vers une catastrophe climatique.

« Nous devons maintenir l’objectif de 1,5 degré Celsius », a dit le chef de l’ONU. « Cela exige une plus grande ambition en matière d’atténuation et des mesures concrètes immédiates pour réduire les émissions mondiales de 45 % d’ici 2030… Nous avons besoin d’une ambition maximale – de la part de tous les pays sur tous les fronts – pour faire de Glasgow un succès. »

[1] La Net-zero Asset Owner Alliance (NZAOA) rassemble des investisseurs institutionnels qui s’engagent à avoir des portefeuilles d’investissement « zéro émissions » d’ici 2050 et à agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en dialoguant avec les entreprises et les institutions publiques.

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