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COP26 : pourquoi il faut s’inquiéter, sans désespérer

Les rapports alarmistes et les déclarations pessimistes se succèdent depuis des semaines. Alors que s’ouvre le 31 octobre la COP26 à Glasgow, les signaux sont au rouge et les engagements des Etats à agir pour le climat restent très insuffisants.

Nombreux se souviennent de l’espoir et du soulagement qu’avait suscité l’adoption il y a 6 ans de l’Accord de Paris. Les Etats s’engageaient à annoncer régulièrement leur plan pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et revoir leurs plans tous les cinq ans. L’objectif de ces plans était de maintenir la hausse des températures à +2,0 degrés à la fin du siècle, 1,5 degrés si possible, par rapport aux températures de l’ère préindustrielle.

Six ans plus tard (la COP a été retardée d’un an à cause de la pandémie de COVID-19), les engagements pris sont, pour reprendre les mots du Secrétaire général des Nations Unies « un aller simple vers le désastre ».

La perspective d’un réchauffement catastrophique

Selon la dernière évaluation de l’ONU, les engagements de réduction des émissions actuelles de gaz à effet de serre de près de 200 pays conduiraient à un réchauffement « catastrophique » de 2,7°C.

En effet selon ONU climat (la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique – CCNUCC, organisatrice des négociations sur le climat) tous les engagements ou « contribution déterminée au niveau national – CDN » disponibles des 192 parties de la COP, aboutissent à une augmentation considerable, d’environ 16%, des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2019.

Pour Patricia Espinosa, la Secrétaire exécutive de la CCNUCC, les parties « doivent de toute urgence redoubler d’efforts pour le climat » si elles veulent empêcher une augmentation des températures au-delà des objectifs de l’Accord de Paris.

Deux rapports de l’ONU sonnaient également cette semaine l’alarme : les productions prévues d’énergies fossiles, comme celles des émissions de gaz à effet de serre sont bien trop importantes pour maintenir la hausse des températures en dessous de 2 degrés Celsius.

En effet les gouvernements, dans leur ensemble, prévoient de produire en 2030 environ 110 % de combustibles fossiles de plus que la quantité compatible avec une limitation du réchauffement à 1,5°C, et 45 % de plus que ce qui serait compatible avec un réchauffement à 2°C.

De même, alors qu’il faudrait réduire de près de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, actuellement les réductions annoncées ne totalisent que 7,5 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre prévues en 2030 par rapport à la série d’engagements précédente.

Très loin du but

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à 1,5 degré nécessite une réduction de 45% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) en 2030, ou une réduction de 25% d’ici 2030 pour les maintenir à deux degrés.

« Nous sommes loin du stade où la science dit que nous devrions être », a déclaré Mme Espinosa.

« Le dépassement des objectifs de température conduira à un monde déstabilisé et à des souffrances sans fin, en particulier chez ceux qui ont le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère », a-t-elle averti.

La question financière

Autre enjeu de cette COP, en plus de la nécessité d’engagements plus ambitieux, sont le financement et la coopération internationale.

Car si certains pays en développement, qui pourtant ont peu contribué au réchauffement climatique, ont des CDN ambitieux, ils manquent de ressources financières pour les mettre en œuvre.

Avec un soutien financier et technologique, ils pourraient « accroître leur niveau d’ambition, à la fois en matière de réduction des émissions, ainsi qu’en termes de renforcement de la résilience aux effets du changement climatique », a déclaré Mme Espinosa.

Pour cela, il faudrait mobiliser 100 milliards de dollars par an. C’est en tout cas l’engagement que les pays les plus riches avaient pris en 2009. Pour le moment, selon l’OCDE, l’aide n’atteignait que 79,6 milliards en 2019.

Un appel au G20 avant la COP26

Pour éviter un échec de la COP26, le Secrétaire général en a appelé au « sens des responsabilités » des gouvernements, en particulier de ceux des pays du G20 dont les dirigeants se réuniront juste avant la COP26, à Rome les 30 et 31 octobre.

Mme Espinosa a rappelé que les parties peuvent soumettre des CDN, ou « revoir » des soumissions antérieures pour accroître l’action, à tout moment, y compris pendant la conférence.

 

 

 

 

 

 

 

 

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