L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré le 17 mai 2026 une urgence sanitaire internationale après la propagation d’une épidémie de virus Ebola provoquée par la souche Bundibugyo, en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.
Ebola se transmet à l’homme par des animaux infectés. La transmission humaine se fait par les liquides corporels, sueurs, sang, matières fécales etc…Il s’agit d’un virus facilement transmissible. « Ebola se transmet de la mère à l’enfant, du mari à l’épouse, du patient au soignant, du cadavre d’une victime à un parent en deuil », décrivent les spécialistes de l’OMS.
Les principaux symptômes sont des fièvres, vomissements, saignements, diarrhées et douleurs abdominales. Le taux de létalité moyen est d’environ 50%. Ce taux a varié de 25 à 90% lors des épidémies précédentes.
Les épidémies du virus Ebola, une fièvre hémorragique qui touche l’Afrique – tout comme le virus de Marburg qui appartient à la même famille – sont devenues chroniques en RDC. C’est la 17ème depuis la découverte du virus Ebola en 1976.
Des épidémies d’Ebola qui se succèdent depuis des années
Les toutes dernières vagues du virus Ebola en RDC ont été sous contrôle en trois ou quatre mois. La dernière en date s’est terminée en décembre 2025 à Bulape, une localité rurale du Kasaï, après quatre mois d’une réponse rapide et coordonnée avec l’OMS.
La plus longue en RDC, dans le Nord-Kivu et l’Ituri, a duré près de deux ans entre 2018 et 2020 et fait 2 299 morts. Elle a pu finalement être jugulée après une vaste campagne de vaccination qui avait touché plus de 300 000 personnes.
Ebola reste très létal et complexe à circonscrire quand la réponse n’est pas assez rapide. Entre 2014 et 2016 en Afrique de l’Ouest, l’épidémie avait aussi duré deux ans et fait plus de victimes (28 600 cas) et de morts (11 300) que toutes les autres réunies. Elle s’est propagée dans plusieurs pays, partant de Guinée pour atteindre la Sierra Leone et le Libéria voisins.
La crise actuelle : un virus mortel sans vaccin ni traitement
La riposte à cette nouvelle épidémie, cette fois, est plus complexe. La souche du virus en cause, dénommée « Bundibugyo », a la particularité de ne pas avoir de traitement ni de vaccin disponible, contrairement à la souche « Ebolavirus Zaïre », la plus virulente, responsable de la plupart des précédentes épidémies.
Alors qu’au moins 80 décès avaient été recensés en Ituri au 16 mai, des foyers suspects ont également été signalés dans le Nord-Kivu voisin, une région déjà marquée par de précédentes crises sanitaires et sécuritaires.
L’inquiétude internationale s’est intensifiée après la confirmation de deux cas à Kampala, la capitale ougandaise, chez des voyageurs revenant de RDC.
« Une maladie très grave, mais nous savons la maîtriser »
Dans son communiqué, l’OMS souligne que l’événement représente un risque élevé pour la santé publique internationale, même s’il ne remplit pas les critères d’une pandémie mondiale.
L’agence onusienne met en avant plusieurs facteurs aggravants : l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, la crise humanitaire, la densité urbaine de certaines zones touchées et l’existence d’un vaste réseau de structures médicales informelles compliquant le suivi des malades.
Déclarer une urgence sanitaire internationale « permet d’attirer l’attention de la communauté internationale, de mobiliser plus rapidement les ressources et de garantir une collaboration internationale optimale. Mais cela ne signifie pas qu’il faille paniquer. (…) La peur en elle-même est une épidémie », a expliqué le professeur Mohamedi Janabi, directeur du bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.
« Ebola est une maladie très grave, mais nous savons la maîtriser », a-t-il ajouté.
Une autre souche rare d’Ebola sans vaccins ni traitement contenue en quatre mois en Ouganda
L’expérience, la rapidité et la coordination de la réponse restent cruciales – dans un contexte où l’aide internationale et le budget de l’OMS ont malheureusement beaucoup baissé. Le 11 janvier 2023, la fin avait été officiellement déclarée de l’épidémie Ebola en Ouganda, après quatre mois de lutte pour contenir une souche soudanaise rare, hautement contagieuse et elle aussi sans vaccin ni traitement.
Au total, l’OMS avait recensé 164 cas, 55 décès confirmés et 87 patients guéris. Plus de 4 000 personnes ayant été en contact avec des cas confirmés ont été suivies et leur santé surveillée pendant 21 jours. Dans l’ensemble, le taux de létalité était de 47%.
LIENS UTILES
Ebola en RDC et en Ouganda : l’OMS déclare une urgence sanitaire internationale
La République démocratique du Congo déclare la fin de l’épidémie d’Ebola au Kasaï
L’Ouganda et l’OMS annoncent la fin de l’épidémie d’Ebola qui a causé 55 morts en quatre mois
Ebola en RDC : un an après le début de l’épidémie, l’ONU reste mobilisée et appelle à la solidarité
