AccueilSantéL’hantavirus, ce qu’il faut savoir 

L’hantavirus, ce qu’il faut savoir 

Un foyer de contagion à l’hantavirus à bord d’un navire de croisière a braqué les projecteurs sur ce virus, six ans après le début de la pandémie de Covid-19, faisant craindre la résurgence d’une grave épidémie mondiale. 

Cette maladie transmise par les rongeurs peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, mais elle s’avère beaucoup moins contagieuse que d’autres virus, comme le Covid-19 ou la rougeole. 

Il n’y a pas un, mais des hantavirus 

Il existe différents types d’hantavirus qui se transmettent à l’être humain par l’intermédiaire de rongeurs sauvages infectés, tels que des souris ou des rats, qui excrètent le virus par la salive, l’urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l’inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection.

Même si des milliers de cas d’hantavirus sont observés chaque année, les infections à hantavirus sont relativement rares à l’échelle mondiale. 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS)  précise dans sa fiche sur les hantavirus qu’en « Amérique, ils peuvent provoquer le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), une maladie respiratoire grave dont le taux de létalité peut atteindre 50% (…). En Europe et en Asie, les hantavirus provoquent la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) ».

En 2025 dans la région des Amériques de l’OMS, huit pays ont signalé 229 cas et 59 décès, avec un taux de létalité de 25,7%. Dans la région européenne de l’OMS, bien plus vaste que l’Union européenne, 1 885 infections à hantavirus ont été signalées en 2023 (soit 0,4 infection pour 100 000 personnes), le taux le plus bas observé entre 2019 et 2023.

En Asie de l’Est, en particulier en Chine et en République de Corée, la fièvre hémorragique à hantavirus avec syndrome rénal (FHSR) continue de représenter plusieurs milliers de cas chaque année, bien que l’incidence ait diminué au cours des dernières décennies.

La souche des Andes

Contrairement aux autres hantavirus, cette souche est la seule capable d’une transmission entre humains documentée, causant des syndromes pulmonaires graves avec un taux de létalité pouvant atteindre 50%

Les cas détectés début mai sur les personnes à bord du navire MV Hondius étaient des hantavirus à souche des Andes. 

Selon l’OMS, cette souche est surtout présente en Argentine et au Chili. Un foyer avait été identifié en Argentine en 2018 dans la localité d’Epuyén (province de Chubut en Patagonie) après une fête d’anniversaire. Il avait alors contaminé 34 personnes et fait 11 morts. 

Symptômes et traitement

Les premiers symptômes cliniques sont généralement ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et symptômes gastro-intestinaux tels que douleurs abdominales, nausées ou vomissements.

Dans le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), la maladie peut évoluer rapidement vers une toux, un essoufflement, un œdème pulmonaire et un choc.

Dans le syndrome hémorragique avec fièvre rénale (SHFR), les stades plus avancés peuvent inclure une hypotension, des troubles de la coagulation et une insuffisance rénale.

Il n’existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre le hantavirus, ce qui fait de la prévention la mesure la plus efficace.

Contagion limitée 

L’OMS a appelé à ne pas paniquer et a écarté le risque d’une épidémie mondiale similaire à celle du Covid-19. Les risques de contagion dépendent d’un contact étroit, « pratiquement nez à nez », a indiqué un porte-parole de l’OMS à Genève, contrairement au Covid-19 ou à la rougeole.

L’OMS a précisé que « l’épouse dont le mari infecté est soigné dans un hôpital suisse ne présente aucun symptôme et s’est mise en quarantaine… Cela montre donc, une fois de plus, que, heureusement, le virus n’est apparemment pas si contagieux, qu’il ne se transmet pas facilement d’une personne à l’autre ».

De même, l’hôtesse de l’air néerlandaise qui avait été en contact avec une passagère du navire, décédée par la suite, a été testée négative à l’hantavirus.

L’application stricte des mesures de santé publique – recherche des contacts, isolement des personnes exposées et coopération entre États – peut permettre de rompre la chaîne de transmission, a expliqué à maintes reprises l’OMS. 

LIENS UTILES

Hantavirus : l’OMS écarte le risque d’une vaste épidémie

Hantavirus : évacuation des passagers du MV Hondius, l’OMS salue la solidarité de l’Espagne

Hantavirus : l’ONU insiste sur l’importance des efforts sanitaires pour garantir la sécurité de tous

Hantavirus : le risque de propagation reste « absolument faible », insiste l’OMS

Fiche de l’OMS sur l’hantavirus (en anglais)

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