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Sida :1 personne sur 9 vivant avec le Sida en Europe de l’Ouest ne connaît pas son statut

Plus de la moitié des personnes vivant avec le virus HIV en Europe ont été diagnostiquées trop tard pour un traitement optimal en 2024. Une « faillite critique » de la politique de dépistage, souligne l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Dans un nouveau rapport sur le Sida dans la région Europe de l’OMS – qui compte 53 pays – des variations importantes sont relevées. En 2024, près de 106 000 diagnostics ont été posés sur de nouveaux cas, dans 49 pays où les données sont disponibles, dont 24 000 dans l’Espace économique européen (EEE, soit les 27 pays de l’Union européenne plus plus l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège).

Une crise cachée prévaut en Europe de l’Ouest, où une personne sur neuf vivant avec le HIV ne connaît pas son statut. Le taux de prévalence du Sida dans l’EEE est en baisse : il est passé de 6,2 à 5,3 pour 100 000 personnes entre 2015 et 2024, soit -14,5 %.

Cependant, « le nombre de personnes vivant avec un HIV non diagnostiqué augmente, une crise silencieuse qui alimente la transmission du virus, affirme Hans Henri P. Kluge, le directeur régional de l’OMS pour l’Europe. Nous ne faisons pas assez pour supprimer les barrières mortelles de la stigmatisation et de la discrimination, qui empêchent les gens de chercher à faire un simple test ».

Malte et l’Irlande, parmi les pays de l’UE ayant les plus forts taux de prévalence du Sida

En moyenne, la pandémie est en baisse de près de 8 % par rapport à 2023, après trois années consécutives de hausse. Cependant, 11 pays affichent des diagnostics en hausse, parmi lesquels la Bulgarie, la République tchèque, l’Allemagne, l’Irlande, Malte, la Roumanie et la Slovénie.

Les plus forts taux de prévalence du Sida (supérieurs à 15 pour 100 000 habitants) dans la région Europe de l’OMS se trouvent dans les pays suivants : Russie, Ukraine, Moldavie, Malte, Kazakhstan, Arménie, Irlande, Géorgie et Kyrgyzstan. Les plus faibles taux, au contraire, sont affichés par la Suède, la Slovénie, la Macédoine du Nord, la Croatie, l’Autriche, la Hongrie, la Serbie, la Slovaquie et la Bosnie-Herzégovine.

Les pays de l’EEE ayant les plus forts taux de prévalence du Sida (par 100 000 habitants) en 2024

Malte                 35,5

Irlande              22,9

Chypre              20,8

Portugal            13,9

Lettonie            13,4

Belgique           12,6

Espagne            11,5

Estonie              11,2

Islande              10,2

Source : OMS.

La moitié des diagnostics posés tardivement dans l’UE

Les diagnostics posés dans les pays de l’EEE en 2024 le sont pour moitié (48 %) tardivement, c’est-à-dire lorsque le nombre de cellules CD4 dans le sang est inférieur à 350 par mm3.

Les relations sexuelles entre hommes restent le mode de transmission le plus fréquent (48 %), mais les transmissions hétérosexuelles augmentent. Entre 2015 et 2024, la part des diagnostics portant sur une transmission hétérosexuelle est passée de 40,9 % à 45,6 %.

Le tiers des diagnostics de séropositivité concerne la classe d’âge des 30-39 ans. De grandes disparités existent entre les pays : en Roumanie et à Chypre, le tiers des diagnostics est posé sur des moins de 30 ans, tandis que plus de la moitié le sont chez des plus de 40 ans dans de nombreux pays (Norvège, Italie, Luxemboug, Islande, Slovénie, Croatie).

La France a compté le plus grand nombre de nouveaux cas de Sida dans l’UE en 2024

Au sein de l’EEE, la France a compté le plus de nouveaux cas en 2024 (3 056), avant l’Espagne (2 739), l’Allemagne (2 341), l’Italie (1 884) et la Pologne (1 532). Dans la région Europe hors EEE, ce sont la Russie (28 249), l’Ukraine (6 572), la Turquie (5 089) et la Grande-Bretagne (3 402) qui ont enregistré le plus de nouveaux cas.

L’urgence reste au dépistage, pour empêcher la « crise cachée » que représente le Sida en Europe, UE comprise. « Nous devons urgemment innover dans nos stratégies de dépistage (…) et assurer un lien rapide avec les traitements, a déclaré le Dr Pamela Rendi-Wagner, directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), une institution qui a co-rédigé le rapport de l’OMS. Nous ne pourrons endiguer le Sida que si les personnes connaissent leur statut ».

LIENS UTILES

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