Le Royaume des Pays-Bas et l’ONU : ce qu’il faut savoir

Le Royaume des Pays-Bas, composé des quatre pays autonomes que sont les Pays-Bas, Aruba, Curaçao et Saint-Martin, forme un seul État membre de l’ONU. En tant que membre fondateur de l’ONU, il est un fervent défenseur du multilatéralisme et des valeurs universelles de la Charte des Nations Unies.

« Les problèmes actuels, tels que le changement climatique et la sécurité, sont si complexes qu’ils ne peuvent être résolus que par la coopération », a déclaré Lise Gregoire-van Haaren, la représentante permanente du Royaume des Pays-Bas auprès des Nations Unies à New York.

Le Royaume se positionne à l’ONU comme un partenaire solide pour la paix, la justice et le développement, et comme un fervent défenseur des droits de l’homme et des libertés fondamentales, notamment la liberté de religion, de croyance et d’expression.

La représentante permanente du Royaume des Pays-Bas auprès de l’ONU. UN Photo/Evan Schneider

« Nous sommes connus aux Nations Unies pour notre engagement en faveur du droit international, notamment parce que les Pays-Bas sont le pays hôte de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale, souligne la représentante permanente du royaume auprès de l’ONU. Nous pensons qu’il est important non seulement de conclure des accords internationaux, mais aussi de les respecter ».

Le Royaume a siégé six fois au Conseil de sécurité : en 1946, 1951-52, 1965-66, 1983-84, 1999-2000 et 2018. Il est à nouveau candidat en tant que membre non permanent pour le mandat 2033-34.

Les Pays-Bas abritent les sièges de plusieurs entités des Nations Unies

La Cour internationale de Justice (CIJ), dont le siège se trouve à La Haye, est la plus haute instance judiciaire des Nations Unies, et le seul des six organes principaux de l’ONU qui se trouve hors de New York.

Abritée par le « Palais de la paix », un monument inauguré en 1913 pour lancer la Cour permanente d’arbitrage, elle traite exclusivement des différends juridiques entre États et émet des avis consultatifs à la demande de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que d’autres organes et agences spécialisées des Nations Unies.

« Travailler dans le bâtiment le plus emblématique de La Haye et le symbole mondial de la justice internationale est un véritable privilège, surtout pour quelqu’un qui, comme moi, a une formation en droit international, témoigne Monique Legerman, directrice du Département de l’information de la CIJ. Même après 15 ans passés dans ces locaux, je ne considère pas cela comme acquis. »

Également située à La Haye, la Cour pénale internationale (CPI) est un organe judiciaire indépendant, compétent pour juger des personnes accusées de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. La CPI est régie par le Statut de Rome, négocié au sein de l’ONU, signé par 125 Etats et entré en vigueur en 2002.

Les effectifs de l’ONU aux Pays-Bas comptent 429 fonctionnaires internationaux qui travaillent aussi à La Haye pour le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux (IRMCT), l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OPCW), et le Centre pour l’intelligence artificielle et la robotique de l’Institut de recherche inter-régional des Nations Unies sur le crime et la justice (UNICRI).

L’Université des Nations Unies à Maastricht

De son côté, l’Université des Nations Unies est active à Maastricht avec son Institut de recherche économique et sociale sur l’innovation et la technologie (UNU-MERIT). Forte de 60 doctorants et 90 étudiants de diverses nationalités en Master, UNU-MERIT combine la recherche avec son application pratique dans les politiques publiques, dans l’optique du développement durable et d’un avenir plus inclusif.

« Travailler à Maastricht me rappelle ce qu’il est possible de faire lorsque les principes multilatéraux sont respectés », témoigne Diego Salama, responsable des Partenariats et de la Communication d’UNU-MERIT.

« Depuis la ville où l’Europe unie a pris forme, je travaille aujourd’hui à l’avant-garde de la recherche et de l’éducation mondiales au service des Nations Unies. À une époque d’incertitude, je crois que nous avons besoin d’institutions qui ne se contentent pas de générer des connaissances, mais qui les traduisent en impact. C’est un exercice quotidien d’espoir : que les faits comptent encore, que les idées peuvent encore nous unir, et que la pensée fondée sur des preuves peut encore éclairer la voie de la coopération internationale ».

le réseau des moulins de Kinderdijk-Elshout
Le réseau des moulins de Kinderdijk-Elshout, l’un des 13 sites néerlandais classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo: UNESCO.

Le Royaume des Pays-Bas dans le système onusien

En 2024, 725 ressortissants néerlandais comptaient parmi le personnel de l’ONU (131 000 personnes au total), répartis à travers le monde.

Plusieurs femmes se distinguent. La reine Máxima a occupé le poste de représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la finance inclusive au service du développement de 2009 à 2024, avant d’être nommée représentante spéciale pour la santé financière en septembre 2024. L’ancienne vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères Sigrid Kaag a occupé plusieurs postes de haut niveau à l’ONU, axés sur la diplomatie et la gestion des crises au Moyen-Orient.

Jeanine Hennis-Plasschaert, ancienne ministre de la Défense, a été représentante spéciale de l’ONU pour l’Irak de 2018 à 2024 et est devenue coordinatrice spéciale pour le Liban en mai 2024. Parmi les autres représentants néerlandais figurent la juge Liesbeth Lijnzaad du Tribunal international du droit de la mer, Yvonne Donders du Comité des droits de l’homme  et Corinne Dettmeijer Vermeulen, du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.

D’autre part, et cela contribue à l’attrait touristique des Pays-Bas, 13 sites néerlandais sont classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Parmi eux, la zone des canaux concentriques du 17e siècle à l’intérieur du Singelgracht à Amsterdam, ou encore le réseau des moulins de Kinderdijk-Elshout.

Un contributeur important pour les Nations Unies

La contribution du Royaume des Pays-Bas au budget ordinaire du Secrétariat général des Nations Unies porte sur 44,5 millions de dollars en 2025, soit 1,20 % du total (3,72 milliards). Le budget ordinaire rassemble les contributions obligatoires des Etats membres de l’ONU. Les autres appuis financiers sont des contributions volontaires.

En 2024, le Royaume des Pays-Bas a consacré 590,7 millions de dollars à l’aide humanitaire, dont une part de 180,3 millions de dollars destinée aux agences de l’ONU. Parmi ces dernières, l’Organisation internationale du travail (OIT, 69,7 millions de financements néerlandais), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS, 27 millions), le Programme alimentaire mondial (20,2 millions) et l’UNICEF (15,9 millions), selon OCHA.

Le Royaume des Pays-Bas a par ailleurs été le 5e plus grand contributeur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en 2024, avec 42,14 millions de dollars d’apport aux ressources régulières, après l’Allemagne, les Etats-Unis, le Japon et la Suisse. Sur la période 2023-25, le Royaume s’est engagé à contribuer à hauteur de 103 millions d’euros au PNUD. Il est aussi le 9e contributeur du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), avec près de 80 millions de dollars en 2024.

Le gouvernement néerlandais a annoncé en février des coupes budgétaires de 2,4 milliards d’euros dans l’aide au développement à partir de 2027. De nouvelles élections législatives, prévues pour le mois d’octobre 2025, déboucheront sur la formation d’un nouveau gouvernement, dont les décisions seront à suivre dans ce domaine.

Un fournisseur mondial pour les Nations Unies

Le Royaume des Pays-Bas est aussi le 15e fournisseur mondial de l’ONU. En 2024, le secteur privé néerlandais a reçu 480,8 millions de dollars de commandes de l’ONU (1,9 % du total des achats de l’organisation dans le monde). Ces achats portent surtout sur des produits pharmaceutiques et des équipements et fournitures médicaux, selon le portail des Nations Unies sur les marchés d’approvisionnement (UNGM).

Le leadership néerlandais an matière de soutien au multilatéralisme reste vital dans le contexte géopolitique actuel, qui nécessite encore plus de coopération internationale et de solidarité.

LIENS UTILES

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