Représentant la voix de la jeunesse belge sur la scène internationale, Laetitia Haddad et Nicole Cabezas Loja ont rejoint la délégation officielle de la Belgique lors de la semaine de haut niveau de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies (AGNU80), qui s’est tenue du 23 au 29 septembre 2025.
Laetitia Haddad, du Forum des jeunes (francophone), et Nicole Cabezas Loja, du Conseil flamand de la jeunesse (néerlandophone) ont passé une semaine à s’engager dans la diplomatie, à défendre les droits humains et à collaborer avec de jeunes leaders du monde entier.
Le Centre régional d’information des Nations Unies a interviewé ces deux jeunes activistes sur leur rôle en tant que déléguées de la jeunesse à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Défendre les jeunes dans les zones de conflit
« La diplomatie ne doit pas seulement se dérouler entre les États, elle doit aussi inclure les jeunes, la société civile et les voix marginalisées », a déclaré Laetitia Haddad, titulaire d’un master en relations internationales.
Au sein de la délégation belge, les deux représentantes ont insisté sur la nécessité de protéger et d’autonomiser les jeunes touchés par les conflits, notamment en Ukraine, à Gaza et en République démocratique du Congo.
Au cours de leurs réunions à l’AGNU, elles ont également appelé à garantir l’accès à l’éducation pour les millions de jeunes actuellement privés de scolarité en raison de la guerre, des déplacements ou de difficultés économiques. Elles ont également plaidé en faveur d’un soutien en santé mentale destiné aux jeunes touchés par les conflits. Elles ont aussi promu la justice sociale et l’égalité entre les sexes partout dans le monde.
L’inspiration venue de la jeunesse mondiale
Nicole Cabezas Loja, étudiante en droit à la Vrije Universiteit Brussel et cheffe de projet au sein de la GreenTeam de l’université, a été profondément marquée par une table ronde sur la jeunesse, la paix et la sécurité organisée par des jeunes délégués autrichiens, péruviens et australiens.
« Il était incroyablement impressionnant de constater à quel point ce cadre mondial a un impact concret », a-t-elle déclaré.
Transformer l’espoir en action
Pour que les institutions internationales aboutissent à des changements significatifs, les deux déléguées ont expliqué qu’il faut faire preuve de persévérance, que la collaboration doit être une règle et que les jeunes doivent être reconnus comme experts de leur propre réalité.
Elles souhaitent que leurs expériences alimentent les discussions politiques, notamment sur les thèmes de la paix et de la sécurité. « Les jeunes ne sont pas de simples participants symboliques, ce sont des partenaires qui contribuent à élaborer des solutions », a affirmé Laetitia Haddad.
« J’ai constaté à quel point il est puissant d’entendre directement la voix des jeunes dans les espaces diplomatiques. Le multilatéralisme a un énorme potentiel lorsqu’il repose sur l’empathie et la responsabilité partagée », a-t-elle ajouté.
Une place à la table
Nicole Cabezas Loja a également souligné la nécessité de mandats durables et inclusifs en faveur des jeunes à l’échelle mondiale.
Les mandats des délégués varient considérablement d’un pays à l’autre : ils peuvent durer deux ans en Belgique, alors qu’ils ne durent que quelques semaines comme en Thaïlande, par exemple Par ailleurs, de nombreux pays n’ont pas de mandat pour des délégués de la jeunesse à l’ONU.
« Avec environ un tiers de la population mondiale composé de jeunes, nous méritons d’avoir notre place à la table des négociations », a-t-elle déclaré, en ajoutant : « Les vraies solutions nécessitent la participation de ceux qui comprennent réellement les réalités sur le terrain. La pauvreté en Colombie est très différente de celle en Ukraine, et les jeunes eux-mêmes sont les mieux placés pour en rendre compte. »
L’espoir comme forme de résistance
Interrogée sur le message qu’elle souhaitait adresser aux autres jeunes, Laetitia Haddad a conclu : « L’espoir n’est pas naïf, c’est un acte de résistance. Ne sous-estimez jamais le pouvoir de votre voix et de votre histoire. Le changement commence souvent par le courage de s’exprimer et d’écouter les autres. »
Pour Nicole Cabezas Loja : « Même les petits gestes, lorsqu’ils sont accomplis collectivement, peuvent se propager et façonner le cours des choses, comme une rivière qui redessine son lit. C’est cette conviction qui me motive : ensemble, nous pouvons changer les choses. »
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