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Les victimes de la traite des personnes passent sous le radar

Les victimes de la traite des personnes sont de moins en moins identifiées, alors que la pandémie de COVID-19 et d’autres crises accroissent les risques d’exploitation, indique le nouveau Rapport mondial sur la traite des personnes de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

À cause d’une baisse du nombre de détections dans les pays à revenus faibles et moyens, le nombre de victimes identifiées dans le monde a diminué de 11 % en 2020 par rapport à l’année précédente. La pandémie de COVID-19, qui a réduit le champ d’action des trafiquants, a probablement aussi affaibli les capacités des autorités à détecter les victimes.

Le nombre de condamnations pour des infractions liées à la traite a également diminué de 27 % en 2020 par rapport à l’année précédente.

 

Sous le radar

Durant la pandémie, moins de cas de traite à des fins d’exploitation sexuelle ont été détectés. Les espaces publics ayant été fermés, les restrictions liées à la pandémie ont sans doute poussé cette forme de traite vers des lieux plus cachés et moins sûrs. Cela a rendu plus difficile l’identification des victimes.

« La pandémie a accru les risques de traite des personnes, ce qui fragilise davantage les capacités à secourir les victimes et traduire les criminels en justice », a déclaré Ghada Waly, Directrice exécutive de l’ONUDC.

La plupart des victimes de la traite des personnes qui ont pu être identifiées, l’ont été car elles se sont présentées aux autorités de leur propre initiative. Ces victimes qui se sont « auto secourues » représentent 41% des victimes identifiées, contre 28% qui ont été localisées par les forces de l’ordre, et 11% par la société civile. Ces chiffres sont particulièrement alarmants du fait que de nombreuses victimes de la traite de personnes ne s’identifient pas comme telles ou ont trop peur de leurs exploiteurs pour tenter de s’échapper.

Le rapport s’appuie également sur des affaires judiciaires attestant que les femmes victimes de traite sont trois fois plus soumises à des actes de violence physique ou extrême de la part des trafiquants que les hommes, et les enfants dans une proportion presque deux fois supérieure à celle des adultes.

 

Situation en Europe

Alors que moins de victimes de la traite des personnes ont été détectées dans le monde, en Europe de l’Ouest et du Sud le nombre de victimes de la traite détectées a augmenté de 6% entre 2019 et 2022.

 

Risque d’exploitation élevé

Au niveau international, le rapport explique également que les guerres et conflits offrent aux trafiquants la possibilité de profiter de ces situations de crises. Ainsi la guerre en Ukraine augmente les risques pour les populations déplacées de devenir victime de la traite de personnes. La plupart des victimes de la traite résultant de situations de conflit ont pour origine et destination des pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

« Nous ne pouvons pas laisser les crises aggraver l’exploitation. L’ONU et la communauté des donateurs doivent soutenir les autorités nationales, surtout dans les pays en développement, pour répondre aux menaces de traite, et pour identifier et protéger les victimes, en particulier en cas d’état d’urgence », a conclu Ghada Waly, Directrice exécutive de l’ONUDC.

 

Contacts utiles

Si vous êtes victime de la traite des personnes, en France, contactez le poste de police le plus proche ou si urgence le 112, 101 (Belgique), (+352) 244 60 3220 (jours ouvrables de 8-16 heures) ou 113 (en dehors des heures de bureau) (Luxembourg).

En Belgique, il existe 3 centres d’accueil et accompagnement spécialisés qui soutiennent les victimes de traite des personnes : PAG-ASA, PAYOKE, SÜRYA.

 

Pour en savoir plus 

Le septième Rapport mondial de l’ONUDC sur la traite des personnes couvre 141 pays et présente un aperçu des structures et des flux de la traite des personnes à l’échelle mondiale, régionale et nationale, sur la base des cas de traite détectés entre 2017 et 2021. Les conclusions sont accompagnées de suggestions détaillées à l’intention des décideurs politiques pour les aider à élaborer des ripostes efficaces.

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