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Olivier Salgado, itinéraire du « show biz » au sable malien

Olivier Salgado, directeur adjoint de la communication, vit et travaille depuis 7 ans au Mali pour la mission de l’ONU déployée dans le pays. Ce Montpelliérain, passionné de nouvelles technologies et addict aux réseaux sociaux, nous raconte son parcours et son métier.

 En quoi consiste votre travail au sein de la mission de paix des Nations Unies au Mali ?

Je suis directeur adjoint de la communication et porte-parole de la MINUSMA, la Mission de l’ONU déployée au Mali. Je supervise et coordonne le travail de mes collègues des unités presse, multimédia, plaidoyer et radio.

En tant que porte-parole de la Mission, j’explique notre travail aux médias, réponds à leurs questions et les accompagne sur le terrain. J’accorde beaucoup d’importance à ces visites sur le terrain, et je m’y rends le plus souvent possible. Je trouve en effet essentiel de bien connaître les problématiques du terrain, de la Mission, celles de mes collègues et des Maliens, et en tant que porte-parole, c’est toujours mieux de maîtriser son sujet ! J’organise également des conférences de presse, et prépare des communiqués ou autres supports de communication de manière autonome mais toujours coordonnée avec nos collègues du Siège à New York.

Mon goût prononcé pour les nouvelles technologies me pousse également à concevoir de nombreux produits multimédias. J’ai créé à l’ONU des radios, puis des radios et chaines de TV internes pour le personnel, les podcasts de l’ONU au niveau mondial, des sites internet, une appli et bien d’autres projets. Et je suis totalement « addict » aux réseaux sociaux, je dois bien l’avouer !

Comment êtes-vous arrivé jusqu’à ce poste ?

J’ai un Master 2 en Management et Communication (Lyon III), j’ai commencé très tôt à travailler dans un grand groupe de communication européen (NRJ Group). J’y ai très vite évolué et pris de nombreuses et diverses responsabilités dans le domaine du journalisme, marketing, évènementiel, musique, management, publicité et radio. J’ai côtoyé pendant de nombreuses années le monde des stars, des concerts, de la musique et du « show-biz »… très loin de mes préoccupations actuelles !

Mon dernier poste dans ce groupe était Directeur de la Suisse…ce qui m’a emmené à Genève, où j’ai revu un ami de la maternelle qui travaillait à l’ONU et qui m’a conseillé de postuler aux Nations Unies. Après 16 fantastiques années passées dans ce grand groupe de communication, je désirais en effet explorer d’autres horizons, tout en restant dans le domaine de la communication, ma passion…et j’ai été servi en postulant au Kosovo où je suis arrivé en 2005. J’ai aussi effectué plusieurs courtes missions au Timor-Leste, Haïti ou New York comme chef des affaires publiques…. me voilà aujourd’hui dans ce beau et grand pays qu’est le Mali.

Quels aspects de votre travail vous plait le plus ? Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ces dernières années ?

Par la force des choses, en plus du reste, j’ai développé au Mali de sérieuses aptitudes en matière de communication de crise, avec l’adrénaline comme moteur. L’actualité ne manque pas, et en tant que porte-parole les défis sont nombreux et les enjeux importants. C’est un pays que j’aime beaucoup, et malheureusement il est très difficile d’accès pour les visiteurs.

Les souvenirs sont tellement nombreux, et souvent très émouvants depuis que je travaille à l’ONU. Je pratique comme hobby les prises de vue par drone au Mali, et j’ai un jour montré sa mosquée à l’imam de Tombouctou, vue du ciel. Il ne l’avait jamais vue sous cet angle et rapidement, les larmes sont venues, je ne m’y attendais pas. Dernièrement j’ai assisté à des négociations de paix entre deux villages qui s’entre-tuaient. Un moment exceptionnel quand tout le monde décide de cesser les hostilités et se retrouve à se pleurer dans les bras !

Accompagner des minorités au Kosovo après plusieurs années sur la tombe de leurs proches, reconnaître des dépouilles issues de fosses communes avec les familles, lancer une radio au Kosovo, assister les populations et la Mission en Haïti après le tremblement de terre, travailler dans des zones extrêmement dangereuses comme récemment à Bounty…sont des moments très forts qui marquent l’esprit et le cœur. Et puis, assister de trop nombreuses fois aux cérémonies de nos collègues Casques bleus qui paient au Mali un lourd tribu au service de la paix, cela je ne m’y fais pas, mais c’est aussi un devoir que d’y être présent.

Olivier Salgado, chargé de communication de la mission de paix au mali, assis sur moto avec des casques bleus et une journaliste
Accompagner les journalistes sur le terrain est l’une des tâches du porte-parole. Ici avec Alexandra Duval-Smith de la BBC.

C’est comment de vivre à Bamako ?

Très différent de Paris, de l’Europe en général ! La ville et ses infrastructures sont saturées par une démographie galopante, mais en s’armant de patience et de bonne humeur, on y vit très bien. Des précautions s’imposent tout de même, Bamako ayant déjà été la cible de plusieurs attaques terroristes. Pour des raisons de sécurité, malheureusement peu d’expatriés ont la chance de pouvoir sortir de Bamako et découvrir le pays qui regorge de sites spectaculaires. Il faut rappeler que la majeure partie de nos opérations se déroule en dehors de Bamako, à des centaines de kilomètres et que notre personnel vit et travaille dans d’autres villes, comme Mopti, Tombouctou, Gao ou Kidal, où les conditions de vie sont bien différentes.

Olivier Salgado assis près d'une maison en pisé entouré de Maliens

Un conseil aux jeunes qui veulent travailler pour l’ONU ?

S’armer de patience, les processus sont poussés et donc longs, et persévérer. Les candidatures sont innombrables et la concurrence planétaire. Mais avant tout se poser les bonnes questions : pourquoi est-ce que je postule à l’ONU ? Qu’est-ce que je vais pouvoir apporter à l’Organisation ? Les métiers et mandats sont très différents d’une entité à une autre, les chemins de carrière le sont tout autant. Explorer le travail fantastique des agences spécialisées de l’ONU, celui des ONG…Le programme des volontaires des Nations Unies peut-être une bonne option également. Le terrain ? Attention, même si c’est réellement passionnant, les défis et sacrifices sont nombreux et ne doivent pas être sous-estimés : distance, famille, amis, danger, attaques, isolement, changement de culture, etc…Cette vie est-elle vraiment faite pour vous ? Si c’est le cas, aucune hésitation, tentez-votre chance et à bientôt sur le terrain !

Contacts pour plus de renseignements :

Twitter @olivier_salgado ou via Linkedin

 

 

 

 

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