L’IA va-t-elle transformer le secteur de la santé ?

L’OMS/Europe a publié en avril dernier un nouveau rapport évaluant l’évolution rapide de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans les soins de santé au sein des 27 États membres de l’Union européenne (UE).

Pour les 27 pays de l’Union européenne, l’optimisation de la santé des malades est la priorité absolue pour justifier l’usage de l’IA. Cette technologie est déjà déployée concrètement dans la plupart des hôpitaux et cabinets selon ce rapport.

Financé par la Commission européenne, ce dernier prolonge une étude de l’OMS/Europe de fin 2025 en se focalisant sur les 27 États membres de l’UE. Basé sur des données collectées entre juin 2024 et mars 2025, il montre comment les systèmes de santé européens s’organisent pour intégrer ces technologies de manière sûre, équitable et responsable.

Comment l’IA est-elle utilisée dans le secteur de la santé ?

Près des trois quarts des pays de l’UE utilisent déjà des diagnostics assistés par l’IA, notamment des outils qui facilitent l’imagerie médicale, la détection des maladies et la prise de décision clinique. Des postes spécialisés dans l’IA et la science des données dans le domaine de la santé ont déjà été créés dans près de la moitié des États membres de l’UE.

La région intègre désormais les compétences en IA dans toutes les formations du personnel, initiales comme continues.

Pour les États membres de l’UE, il s’agit de former les professionnels de santé à l’IA pour garantir de meilleurs soins, sécurisés et responsables, tout en améliorant les résultats pour les patients.

Quel cadre juridique pour l’IA dans le secteur de la santé ?

Sans règles transparentes, l’adoption de l’IA en médecine reste freinée par l’incertitude juridique.

Moins de 10 % des 53 pays de la région européenne de l’OMS disposent de normes de responsabilité pour l’IA dans le domaine de la santé. Celles-ci sont pourtant essentielles pour déterminer les responsabilités en cas d’erreur ou de préjudice causé par un système d’IA.

Actuellement, une intelligence artificielle n’a pas de personnalité juridique. Elle ne peut être tenue responsable au sens pénal ou civil. Les cliniciens restent donc légalement et éthiquement responsables des décisions médicales.

Renforcer l’engagement du public

Plus de 80 % des pays de l’UE incluent déjà les personnes concernées (patients, professionnels de santé, experts et citoyens) dans les décisions sur la façon d’utiliser et de réguler l’IA dans la santé.

Le rapport recommande d’associer davantage les patients et le public afin de favoriser une confiance durable et de garantir que l’IA profite à tous les patients de l’UE.

Les systèmes développés sans le public risquent d’être rejetés, peu importe leur niveau technique, et pourraient aggraver les inégalités de santé au lieu de les réduire, avertit le rapport.

Alors que l’UE déploie depuis août dernier son premier cadre juridique mondial sur l’IA, l’OMS/Europe appelle les gouvernements à agir sur 3 priorités clés :

  • Former les professionnels : créer des programmes sur les fondamentaux, l’éthique et la gouvernance des données de l’IA.
  • Assurer l’inclusion : impliquer directement les soignants, les patients et le public dans la création des politiques.
  • Créer des centres d’expertise : tester les technologies, mettre en commun des meilleures pratiques liées à l’IA pour garantir une utilisation sûre et équitable.

 

En savoir plus :

IA : contrer une menace existentielle 

Intelligence artificielle : les avancées de l’ONU vers un cadre mondial de gouvernance

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