Malgré les tapis de bombes, les écoles et les centres de santé détruits, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) poursuit ses opérations dans la bande de Gaza, où 1,9 million de personnes ont besoin d’assistance.
L’UNRWA a été créée en 1949 afin d’apporter une aide humanitaire et une protection aux réfugiés palestiniens enregistrés et à leurs descendants.
Présente en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza, elle fournit des services essentiels tels que l’éducation, les soins de santé, l’aide d’urgence et les services sociaux, à plus de 5,9 millions de réfugiés palestiniens enregistrés. Elle est financée presque entièrement par les contributions volontaires des États membres des Nations Unies.
Interdiction d’UNRWA par la loi en Israël et dans les territoires occupés
Outre le conflit armé, qui a coûté la vie à plus de 360 de ses employés à Gaza, l’UNRWA est aujourd’hui confrontée à des obstacles importants, légaux et financiers. En janvier 2025, la loi israélienne interdisant sa présence en Israël comme dans les territoires occupés, est entrée en vigueur, en raison d’accusations de collusion avec le Hamas. De nombreux pays, comme les États-Unis, l’Australie et la Suède, ont arrêté de financer UNRWA dans la foulée.
Après la parution du rapport Colonna, affirmant qu’Israël n’avait pas fourni les preuves de la participation de membres du personnel d’UNRWA dans les attaques du 7 octobre 2023, plusieurs pays et organisations ont ensuite repris leurs financements, comme le Royaume-Uni, la France et l’Union européenne (UE).
Pour 2025, l’UNRWA cherche à obtenir 1,7 milliard de dollars américains afin de répondre aux besoins humanitaires les plus urgents de 1,9 million de personnes vulnérables à Gaza et de plus de 275 000 personnes en Cisjordanie. Au 26 août, seuls 5,4 % des fonds nécessaires avaient été reçus. Parallèlement, les revenus provenant de sources privées – particuliers, fondations et donateurs importants – ont atteint un montant total sans précédent de 269 millions de dollars américains depuis le début de la guerre.
De son côté, l’ONU conteste la loi israélienne interdisant UNRWA auprès de la justice internationale.
Une nouvelle année sans école
Les forces israéliennes ont détruit ou endommagé la plupart des écoles et des établissements scolaires à Gaza depuis le déclenchement de la guerre en octobre 2023, à la suite des attaques menées par le Hamas contre Israël. En outre, de nombreuses écoles de l’UNRWA ont dû être utilisées pour héberger des familles sans abri.
« Au lieu de retourner à l’école… environ 660 000 filles et garçons de Gaza fouilleront les décombres, désespérés, affamés, traumatisés et pour la plupart endeuillés », a écrit Philippe Lazzarini, Commissaire général de l’UNRWA, le 1er septembre.
C’est la deuxième année consécutive que les enfants de Gaza ne reprennent pas l’école. Avant le 7 octobre 2023, plus de 540 000 enfants étudiaient dans les écoles de l’UNRWA.
Une situation à hauts risques pour l’avenir
Avant la guerre actuelle, l’UNRWA assurait l’éducation de la moitié d’entre eux. Plus les enfants restent longtemps sans aller à l’école, plus il leur est difficile de rattraper leur retard et plus ils risquent d’être victimes d’exploitation. Selon l’UNRWA, cela inclut le travail des enfants, les mariages précoces et le recrutement par des groupes armés.
« C’est une bombe à retardement dans l’arrière-cour d’Israël, selon l’UNRWA. Le retour des enfants à l’école est bénéfique pour tous, y compris pour la sécurité et la stabilité d’Israël ».
« Gaza est en ruines, tout comme son système éducatif », a souligné le Commissaire général Lazzarini sur X. « Plus ils restent longtemps hors du système scolaire avec leur traumatisme, plus le risque est grand qu’ils deviennent une génération perdue, semant les graines de la haine et de la violence. »
UNRWA : toujours présent à Gaza
« Malgré de sérieux défis, l’UNRWA est toujours présent et opère dans la bande de Gaza », explique Juliette Touma, directrice de la communication de l’UNRWA.
« L’UNRWA compte plus de 10 000 employés à Gaza, dont plus de 1500 dans le secteur de la santé. Actuellement, l’UNRWA gère des abris qui accueillent plus de 100 000 personnes dans toute la bande de Gaza. En 2025, nous avons fourni des services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène à environ 1,3 million de personnes. »
Bien que son rôle dans l’éducation à Gaza ait été gravement affecté, l’agence poursuit son travail au profit des enfants de Gaza. Sur les 62 895 Palestiniens tués entre le 7 octobre 2023 et le 27 août 2025, 18 430 étaient des enfants. Au moins 17 000 enfants sont livrés à eux-mêmes à Gaza, sans famille. Plus d’un demi-million de moins de 18 ans ont bénéficié de services de soutien psychologique depuis le début du conflit, le 7 octobre 2023.
LIENS UTILES
L’ONU et la crise au Proche-Orient
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