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Vaccination hors COVID : un recul global à cause de la pandémie

À l’heure où tous les projecteurs sont braqués sur l’espoir que suscite l’administration des divers vaccins pour lutter contre la COVID-19, c’est l’occasion, en cette Semaine mondiale de la vaccination, de se demander ce qu’il en est des autres vaccins.

En effet, comme dans bien des domaines, la pandémie qui a bouleversé le monde en 2020, a apporté son lot de perturbations ayant des effets directs sur la vaccination à l’échelle mondiale. Une étude de l’Organisation mondiale de la Santé et l’UNICEF de juillet 2020 fait état d’une baisse alarmante du nombre d’enfants recevant des vaccins dans le monde.

Les données préliminaires pour les quatre premiers mois de 2020 ont indiqué une baisse substantielle du nombre d’enfants ayant reçu les trois doses des vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTP3). C’est la première fois en 28 ans que le monde pourrait connaître une réduction de la couverture DTP3, marqueur de la couverture vaccinale dans et entre les pays.

De plus, en 2020, 80 millions d’enfants de moins d’un an n’ont pas reçu les vaccins qui les protègent de maladies évitables, comme la rougeole ou la polio. Cela représente une baisse du taux de vaccination de 50 %.

Arrêt massif des campagnes de vaccinations

La pandémie de COVID-19 a eu des effets majeurs sur les systèmes de santé qui n’ont pas été sans conséquences pour les services de vaccination. D’après une enquête menée par l’UNICEF, l’OMS et Gavi – l’Alliance du Vaccin, les trois quarts de 82 pays ont fait état, en mai 2020, de perturbations de leurs programmes de vaccination causées par la COVID-19.

Par ailleurs, même lorsque les services sont proposés, les populations ne peuvent pas systématiquement accéder aux lieux de vaccination. Se mêlent restrictions à la circulation, interruptions des transports, difficultés économiques et crainte d’être exposé à des personnes atteintes du COVID-19.

Menace de flambée de rougeole ?

Ces perturbations menacent d’inverser les progrès durement acquis pour atteindre un plus grand nombre d’enfants et d’adolescents avec un plus large éventail de vaccins. À l’instar des progrès récents avec l’extension de la couverture du vaccin contre le papillomavirus à 106 pays qui risque de devenir obsolète.

À cela s’ajoute la menace d’une dégradation dans les domaines où les avancés tardaient à se faire voir avant la crise, comme avec les vaccins DTC3 et contre la rougeole. En 2019, le nombre de nouveaux cas de rougeole avait atteint un record jamais connu depuis plus de vingt ans. La menace d’une nouvelle flambée des cas se profile donc.

Les décès évitables causés par les enfants qui n’ont pas pu bénéficier des vaccinations de routine pourraient être bien plus importants que la COVID-19 elle-même.

Appel à des mesures urgentes

Si la COVID-19 a fait de la vaccination de routine un défi de taille, une riposte se met en place avec en tête de file l’UNICEF et l’OMS qui apportent un soutien aux pays afin d’empêcher une nouvelle détérioration de la couverture vaccinale.

En novembre 2020, les deux institutions ont lancé un appel à l’action pour éviter notamment de graves épidémies de rougeole et de poliomyélite. Cela en rappelant que les vaccins constituent l’un des outils les plus puissants de l’histoire de la santé publique, qui permettent de sauver 2 à 3 millions de vies chaque année, et que nous ne pouvons résolument pas échanger une crise sanitaire contre une autre.

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