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Changements climatiques et COVID-19, le double choc

La COVID-19 continue de concentrer tous les efforts face à l’urgence, mais ce n’est pas la seule crise à laquelle le monde est confronté. L’aggravation du changement climatique s’est poursuivie de manière alarmante en 2020, en faisant l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées selon les experts de l’ONU.

Dans un nouveau rapport sur l’état du climat mondial, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) souligne l’augmentation globale des températures, sur terre et dans les océans, pendant l’année 2020. La dévastation environnementale et la pandémie ont fait office de double peine pour des millions de personnes à cause de leurs impacts sur l’approvisionnement alimentaire, l’accès aux soins et les interventions humanitaires.

« Ce rapport montre que nous n’avons pas de temps à perdre » a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, pour qui 2021 est plus que jamais « l’année de l’action ». Le chef de l’ONU a appelé les États à mettre en œuvre des plans ambitieux pour réduire les émissions mondiales d’ici 2030. Malgré la pandémie, tous les États « doivent agir maintenant pour protéger les populations contre les effets désastreux du changement climatique », a-t-il ajouté.

Des phénomènes météorologiques plus extrêmes

Selon l’Organisation météorologique mondiale, les concentrations des principaux gaz à effet de serre ont continué d’augmenter et avec elles la température moyenne du globe, ce qui a été la source des dérèglements climatiques d’ampleur souvent inédite durant toute l’année 2020.

Essentiels dans la régulation du climat, les océans ont souffert d’une augmentation de leur température en 2020. Des vagues de chaleur anormales se sont créées sur plus de 80% de la surface océanique, avec des répercussions sur les écosystèmes marins et la banquise. Des records de température enregistrés en juillet et en octobre dans le cercle polaire de Sibérie ont accéléré la fonte de la banquise. Cette fonte estivale fut la plus précoce jamais observée depuis l’avènement des satellites.

En 2020, de fortes pluies et de graves inondations ont touché de vastes zones d’Afrique et d’Asie. Elles ont déclenché une invasion de criquets pèlerins dans une grande partie du Sahel et de la corne de l’Afrique, mettant en danger les récoltes dans ces régions déjà sous tension alimentaire. À l’opposé, de nombreuses régions d’Amérique du Sud ont connu une grave sécheresse en 2020, où les pertes agricoles ont été estimées à près de 3 milliards de dollars des États-Unis seulement au Brésil.

Aux États-Unis d’Amérique, en Australie et ailleurs, des incendies d’une ampleur sans précédent se sont produits à la fin de l’été et en automne, favorisés par des sécheresses généralisées. Dans la vallée de la Mort, en Californie, le mercure a atteint 54,4 °C le 16 août 2020, soit la température la plus élevée enregistrée dans le monde depuis au moins 80 ans. L’Europe a également subi des sécheresses et vagues de chaleur durant l’été 2020, bien que celles-ci n’aient généralement pas été aussi intenses qu’en 2018 et 2019.

Conséquence dévastatrice de la hausse des températures en 2020, les saisons des tempêtes ont battu tous les records par leur nombre, leur durée et leur intensité de l’Atlantique Nord au Pacifique. Le cyclone Amphan, qui a touché terre le 20 mai près de la frontière entre l’Inde et le Bangladesh, a été le cyclone tropical le plus coûteux jamais enregistré dans le nord de l’océan Indien, avec des pertes économiques en Inde estimées à environ 14 milliards de dollars. En France, la tempête Alex a marqué l’année avec ses vents extrêmes qui ont touché l’ouest début octobre, atteignant 186 km/h.

La COVID-19, un obstacle aggravant

La COVID-19 a eu des impacts considérables sur la santé et les conditions de vie des populations déjà touchées par des catastrophes naturelles. Les restrictions de déplacement, le ralentissement économique et les perturbations du secteur agricole ont exacerbé les effets des phénomènes météorologiques extrêmes. Les chaînes d’approvisionnement alimentaire ont souffert d’obstacles multiples, par manque de travailleurs et restrictions de déplacements, qui ont augmenté l’insécurité alimentaire. Les opérations d’évacuation ou encore d’acheminement de l’aide humanitaire ont également été ralentis dans les zones sinistrées par soucis d’éviter les contaminations en élaborant des protocoles sanitaires.

Ces perturbations ont durement touché des régions déjà fragilisées par des conditions météorologiques difficiles pour les populations locales avant la pandémie. Plus de 50 millions de personnes ont été frappées en 2020 à la fois par des catastrophes liées au climat et par la pandémie de COVID-19, selon la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

La crise économique liée à la pandémie risque enfin de reporter ou même d’annuler les politiques et programmes nécessaires pour s’adapter aux changements climatiques et en atténuer les effets. Cependant selon le Fonds monétaire international, les plans de relance offrent une opportunité unique de rendre l’économie mondiale plus respectueuse de l’environnement tout en soutenant le PIB et l’emploi.

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