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ActualitésClimat : agir « maintenant ou jamais », prévient le GIEC

Climat : agir « maintenant ou jamais », prévient le GIEC

Sans réductions immédiates et profondes des émissions dans tous les secteurs, il est impossible de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, indique le dernier rapport du GIEC, publié le 4 avril.

Pour le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), pour espérer une planète « vivable », il faut réussir à inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025.

« Le jury a rendu son verdict. Et il est accablant », a commenté le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans une vidéo à la sortie de ce rapport.

Ce rapport est « une litanie de promesses climatiques non tenues. C’est un catalogue de la honte, répertoriant les promesses vides qui nous mettent résolument sur la voie d’un monde invivable. Nous sommes sur une voie rapide vers la catastrophe climatique », a estimé le chef de l’ONU.

Si des mesures ne sont pas prises rapidement, certaines grandes villes seront sous les eaux, a déclaré M. Guterres. Il a mis en garde également contre « des vagues de chaleur sans précédent, des tempêtes terrifiantes, des pénuries d’eau généralisées et l’extinction d’un million d’espèces de plantes et d’animaux ».

Des émissions en augmentation

Ce rapport du GIEC est consacré aux mesures à prendre pour limiter les émissions de gaz à
effet de serre et les risques liés au réchauffement climatique.

Il indique que durant la dernière décennie, les émissions de carbone ont atteint leur niveau le plus élevé dans l’histoire de l’humanité. Cependant le taux de croissance a ralenti, notent les experts.

Le rapport du GIEC, rédigé par des centaines d’éminents scientifiques et approuvé par 195
pays, note que les émissions de gaz à effet de serre générées par l’activité humaine ont augmenté depuis 2010 « dans tous les principaux secteurs du monde. »

Des avancées et des politiques efficaces

Cependant, les actions en faveur du climat se multiplient. Depuis 2010, les coûts de
l’énergie solaire, de l’énergie éolienne et des batteries ont diminué de manière soutenue,
jusqu’à 85 %. Un nombre croissant de politiques et de lois ont amélioré l’efficacité énergétique, réduit les taux de déforestation et accéléré le déploiement des énergies renouvelables.

« Nous sommes à la croisée des chemins. Les décisions que nous prenons maintenant
peuvent garantir un avenir vivable. Nous disposons des outils et du savoir-faire nécessaires
pour limiter le réchauffement », a déclaré Hoesung Lee, président du GIEC.

« Je suis encouragé par les mesures climatiques prises dans de nombreux pays. Il existe des politiques, des réglementations et des instruments de marché qui s’avèrent efficaces. Si ceux-ci sont étendus et appliqués plus largement et équitablement, ils peuvent soutenir des réductions importantes des émissions et stimuler l’innovation » a-t-il poursuivi.

Le GIEC appelle à agir immédiatement

La limitation du réchauffement climatique nécessitera des transitions majeures dans le
secteur de l’énergie. Cela implique une réduction substantielle de l’utilisation des
combustibles fossiles, une électrification généralisée, une amélioration de l’efficacité
énergétique et l’utilisation de combustibles de substitution (comme l’hydrogène).

La réduction des émissions dans l’industrie passe par une utilisation plus efficace des
matériaux, la réutilisation et le recyclage des produits et la réduction des déchets.

Pour les matériaux de base, notamment l’acier, les matériaux de construction et les produits chimiques, les procédés de production à émissions de gaz à effet de serre faibles ou nulles en sont au stade pilote ou quasi commercial.

Ce secteur est responsable d’environ un quart des émissions mondiales. Atteindre le zéro net sera un défi et nécessitera de nouveaux processus de production, de l’électricité à émissions faibles ou nulles, de l’hydrogène et, le cas échéant, la capture et le stockage du carbone.

Repenser les villes

Les villes et autres zones urbaines offrent également d’importantes possibilités de réduction des émissions.

« Ces réductions peuvent être obtenues grâce à une consommation d’énergie réduite (par
exemple en créant des villes compactes où l’on peut marcher), à l’électrification des transports en combinaison avec des sources d’énergie à faibles émissions, et à une meilleure absorption et stockage du carbone en utilisant la nature », suggère le rapport.

« La mise en place des politiques, des infrastructures et des technologies adéquates pour permettre de modifier nos modes de vie et nos comportements peut entraîner une réduction de 40 à 70% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 », a déclaré Priyadarshi Shukla, coprésident du groupe de travail III du GIEC.

« Cela représente un potentiel inexploité considérable » a-t-il ajouté « Les faits montrent
également que ces changements de mode de vie peuvent améliorer notre santé et notre bien-être.

 

Plus d’information sur la crise climatique

S’adapter ou disparaitre (Rapport du GIEC 28 février 2022)

Les 5 défis de 2022, selon le Secrétaire général de l’ONU (24 janvier 2022)

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