Hausse du niveau des océans : l’ONU anticipe une menace qui s’aggrave

En 2024, les océans ont monté de 5,9 millimètres en moyenne. Soit le niveau le plus élevé jamais enregistré, bien plus que la moyenne de 4,7 mm par an relevée entre 2014 et 2023. 

Près d’une personne sur dix dans le monde vit dans une zone côtière située à moins de cinq mètres au-dessus de la ligne de marée haute. Ces 770 millions de personnes sont d’ores et déjà exposées à des risques importants, rappelle un nouveau rapport de l’ONU (1). 

Le phénomène s’accélère 

A mesure que les mers se réchauffent et que les glaciers et les calottes glaciaires fondent, le niveau moyen des océans augmente. En cause : le changement climatique induit par les activités humaines. 

Les climatologues parlent « d’expansion thermique des océans » pour désigner le fait que le volume de l’eau augmente quand celle-ci se réchauffe. Il ne s’agit plus d’une menace lointaine, mais d’une crise mondiale en cours, qui nécessite une réponse urgente, coordonnée et internationale.

Les différents scénarios du GIEC

Dans le scénario actuel de fortes émissions de gaz à effet de serre, le niveau moyen mondial de la mer pourrait augmenter de 20 à 29 cm d’ici 2050, par rapport aux niveaux de 1995-2014, selon les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). 

D’ici la fin de ce siècle, dans un scénario d’émissions qui restent fortes, comme c’est le cas aujourd’hui, les océans pourraient avoir gagné de 63 cm à plus d’un mètre de hauteur, et jusqu’à 2 mètres en raison des incertitudes sur la fonte des calottes glaciaires. 

Les côtes européennes déjà grignotées par les océans

L’érosion côtière se fait déjà ressentir en Europe, comme ailleurs dans le monde. En Allemagne, environ 70 % du littoral est soumis à un recul côtier dû à l’érosion. 

Tous les pays bordant la mer Baltique sont concernés : c’est la région européenne où le niveau absolu de la mer augmente le plus rapidement, à un rythme de 4,8 mm par an entre 1993 et 2022, indique le service européen Copernicus

En France, les petites plages de sable de la Côte d’Azur sont en train de disparaître, ayant perdu environ 50 % de leur superficie depuis la fin du XIXe siècle, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Les inondations côtières, qui survenaient historiquement une fois tous les 100 ans, devraient être multipliées par 10 d’ici 2050 le long des côtes méditerranéennes et atlantiques.

Au Royaume-Uni, le niveau de la mer pourrait augmenter de plus d’un mètre d’ici 2100. D’ici 2050, un bien immobilier sur quatre s’y trouvera dans une zone exposée au risque d’inondation.

Quant aux Pays-Bas, où le tiers du territoire national se trouve sous le niveau de la mer, près de 60 % du pays pourrait être inondé – dont les principales villes. Habitué à vivre avec l’élément liquide, le royaume dispose d’un grand programme dénommé « Delta », lancé en 1953, visant à le rendre résilient face aux risques d’inondations, grâce à un vaste réseau de digues anti-tempête. Cependant, le rythme rapide du réchauffement climatique implique que ses plans soient constamment mis à jour.

1,2 milliard de personnes pourraient être déplacées

Sans mesures d’adaptation urgentes, jusqu’à 1,2 milliard de personnes pourraient être déplacées d’ici 2050, selon l’ONU. Plusieurs communautés insulaires du Pacifique ont déjà entamé des processus de relocalisation en raison de la perte progressive de leur territoire.

Les dégâts causés aux infrastructures côtières sont déjà estimés à plus de 1 800 milliards de dollars, et les pertes mondiales annuelles pourraient atteindre entre 1 200 milliards et 4 000 milliards de dollars d’ici la fin du siècle si aucune mesure d’adaptation n’est mise en œuvre. 

En Irlande, dans la ville de Limerick, le coût d’une inondation extrême dans le cadre d’un scénario de hausse maximale du niveau de la mer pourrait dépasser un milliard d’euros pour un seul événement.

Dans les Caraïbes, près de 40 % des plages pourraient disparaître d’ici 2050, mettant le tourisme en péril, alors qu’il est une source majeure de recettes pour la région.

Pour faire face à cette crise, le rapport formule 18 recommandations à l’intention des États membres, notamment une réduction accélérée des émissions de gaz à effet de serre, le renforcement des systèmes d’alerte précoce, l’augmentation des financements consacrés à l’adaptation au changement climatique, l’amélioration de la collecte de données scientifiques et le soutien aux communautés menacées.

 

LIENS UTILES 

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