La pandémie de COVID-19 accentue la pénurie en personnel de santé

Alors que le monde est en proie à la terrible pandémie de COVID-19, les hôpitaux et centres de santé dans le monde manquent de personnel, notamment de personnels infirmiers et de sages-femmes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Plus de la moitié des besoins sont non satisfaits. Il manque en effet dans le monde 900 000 sages-femmes et 6 millions d’infirmiers et infirmières. Près de 90% de ces pénuries se concentrent dans les pays à faibles revenus et notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est.

Cette pénurie préexistante s’est exacerbée avec la pandémie et la pression qui repose sur ces effectifs surmenés.

Le Conseil international des infirmières (CII) note que près d’une association nationale d’infirmières sur cinq interrogées fait état d’une augmentation du nombre d’infirmières quittant la profession creusant le besoin en personnel.

Avec les départs volontaires plus les retraites, le monde pourrait perdre 10 millions d’infirmiers sur les 27 millions et voir l’effectif se diviser par deux.

Une perte qui pourrait remettre en question plusieurs décennies d’amélioration dans les offres de soins et prises en charge des malades.

Les infirmières et les sages-femmes représentent près de 50% du personnel de santé dans le monde, elles jouent donc un rôle fondamental dans les systèmes de santé.

« Un traumatisme de masse »

Les femmes qui représentent une très grande majorité des professionnels de la santé se sont retrouvées en première ligne contre la pandémie de la COVID-19. Une pandémie qui a endommagé leur santé physique et mentale au cours de cette dernière année marquée par le stress et le surmenage après des mois de prise en charge de patients atteints par le virus. Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a même évoqué un « traumatisme de masse ».

De nombreuses infirmières ont aussi contracté la COVID et le CII a recensé 3000 décès d’infirmières liés à la COVID-19 mais estime que ce chiffre se situe largement en-deçà de la réalité.

Cette crise sanitaire a mis en exergue la pression subie par les professionnels et met à mal une profession qui faisait déjà face à nombre de difficultés.

Sous-estimés et sous-payés

Et pourtant, ces professionnels bien souvent sous-estimés et sous-payés sont des maillons essentiels et à la base même des systèmes de santé. Ils sont les premiers professionnels et souvent les seuls auxquels les populations ont accès.

Le personnel infirmier joue un rôle de premier plan dans la promotion de la santé et la prévention des maladies. Ces soignants prodiguent les soins dans les situations d’urgence et sont indispensables à la réalisation de la couverture sanitaire universelle.

Les sages-femmes, quant à elles, possèdent un rôle fondamental dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, ainsi que la mortinatalité, lorsque le bébé meurt après 20 semaines de gestation, mais avant l’accouchement.

Investir sur ces métiers représenterait un retour sur investissement de 300% en termes d’amélioration des résultats sanitaires, de sécurité sanitaire mondiale et de croissance économique profitant à tous, selon la Commission de haut niveau des Nations Unies sur l’emploi dans le secteur de la santé et la croissance économique.

De plus, un investissement accru dans les sages-femmes pourrait sauver jusqu’à 4,3 millions de vies chaque année en évitant 67% des décès maternels, 64% des décès néonatals, et 65% des cas d’enfants morts nés.

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