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Retour des USA dans un Accord de Paris encore loin de ses objectifs

Alors que le retour officiel des Etats-Unis aujourd’hui dans l’Accord de Paris constitue un signe positif, les avancées depuis 5 ans dans la mise en œuvre de cet accord historique restent insuffisantes.

 « Aujourd’hui est un jour d’espoir (…). C’est une bonne nouvelle pour les Etats-Unis et pour le monde entier », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors d’un événement en présence de l’Envoyé spécial du président américain sur le climat, John Kerry.

« Au cours des quatre dernières années, l’absence d’un acteur clé a créé une lacune dans l’Accord de Paris ; un chaînon manquant qui a affaibli l’ensemble », a estimé le chef de l’ONU.

En 2017, Donald Trump avait provoqué la consternation de la communauté internationale en annonçant la sortie des Etats-Unis, plus gros émetteur de gaz à effet de serre (GES) au monde, de l’Accord de Paris.

Cet accord signé sous l’égide de l’ONU en décembre 2015 vise à maintenir l’augmentation des températures en dessous de 2 degrés d’ici la fin du siècle.

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), « Sur la trajectoire actuelle des émissions de dioxyde de carbone, nous nous dirigeons vers une augmentation de la température de 3 à 5 degrés Celsius d’ici la fin du siècle. »

« Des engagements dramatiquement inadaptés »

Cependant, a souligné M. Guterres « les engagements pris jusqu’à présent ne sont pas suffisants. Et même ces engagements ne sont pas respectés ». « Nous ne sommes pas loin d’un point de non-retour », avait même déclaré la veille le Secrétaire général de l’ONU lors d’une conférence de presse.

La plupart des Etats sont loin de respecter leurs engagements, comme le notait le PNUE dans un rapport paru en décembre 2020. En effet, selon ce rapport « les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont continué à augmenter pour la troisième année consécutive en 2019, atteignant un nouveau record ».

Une coalition mondiale

Le chef de l’ONU a appelé à la création d’une « une véritable coalition mondiale pour des émissions nettes zéro d’ici 2050 ». « J’espère que les Etats-Unis rejoindront officiellement cette coalition très bientôt, comme l’a promis le président Biden, et qu’ils présenteront leur plan concret pour parvenir à des émissions nettes zéro d’ici 2050 », a-t-il ajouté.

L’année dernière, des pays représentant 70 % de l’économie mondiale et 65 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone se sont engagés à atteindre un niveau d’émission net zéro.

Guterres a demandé à tous les gouvernements qu’ils présentent « des contributions plus ambitieuses, concrètes et crédibles, déterminées au niveau national pour les dix prochaines années, d’ici à la COP26 en novembre 2021 ».

Pour une relance verte

A plusieurs reprises ces derniers mois, le Secrétaire général de l’ONU a appelé à une « relance verte » pour contrer la crise économique liée à la pandémie de COVID-19.

« Nous devons investir dans une économie verte qui contribuera à guérir la planète et ses habitants, et à créer des emplois stables et bien rémunérés pour assurer une prospérité plus équitable et durable » a répété le chef de l’ONU

Il a exhorté à arrêter « d’investir dans des projets de combustibles fossiles qui ruinent la santé des gens, détruisent la biodiversité et contribuent à la catastrophe climatique » et à « déplacer la charge fiscale des revenus vers le carbone ; des consommateurs vers les pollueurs ».

Déficit de financement

Il a appelé à également « combler le déficit de financement en soutenant les pays qui souffrent des effets dévastateurs de la crise climatique ». « Ceux qui ne l’ont pas encore fait doivent s’engager à doubler leur financement en faveur du climat. Tous les pays développés doivent honorer la promesse de contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars par an aux pays en développement », a-t-il poursuivi.

« Je compte sur les Etats-Unis, ainsi que sur tous les autres membres du G20, pour se rallier à ces trois grands objectifs et pour s’engager dans les négociations internationales qui seront nécessaires au succès de la COP26 », a ajouté le chef de l’ONU.

 

 

 

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