ClimatA 99 ans, Sir David Attenborough lance « L’appel de l’Océan »

A 99 ans, Sir David Attenborough lance « L’appel de l’Océan »

Dans son nouveau documentaire, le réalisateur et naturaliste britannique Sir David Attenborough, Champion de la Terre des Nations Unies, lance un appel à la sauvegarde de l’océan, « le cœur de notre planète ».

Le film David Attenborough : L’appel de l’Océan, sorti en Grande Bretagne le 8 mai, jour de son 99ème anniversaire, a été projeté à Bruxelles le 3 juin 2025 dans le cadre de Ciné ONU, à quelques jours de l’ouverture de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan à Nice, du 9 au 13 juin 2025.

« Si nous sauvons la mer, nous sauvons notre monde »

Le documentaire entraîne le spectateur dans un voyage extraordinaire à la découverte des fonds marins les plus spectaculaire de la planète. Il met en lumière la beauté de l’océan, son rôle essentiel pour la vie sur Terre, tout en alertant sur la fragilité des écosystèmes marins, menacés par l’activité humaine, en particulier par le changement climatique, la pollution et la surpêche.

« David est le plus grand conteur de notre époque », estime Colin Butfield, réalisateur du film et cofondateur de la société de production Open Planet Studios, dans un entretien avec l’ONU. « Il réussit à transformer des questions biologiques complexes ou encore des découvertes scientifiques en histoires captivantes, compréhensibles pour un enfant de 10 ans tout en ayant une résonnance auprès des experts mondiaux sur le sujet. Il sait simplifier, sans jamais banaliser. Il comprend le pouvoir du récit pour engager et inspirer, comme peu d’autres l’ont fait ».

Sir David Attenborough, champion de la Terre, et lanceur d'alerte pour la planète, pris en photo au bord de l'Océan.
A 99 ans, Sir Attenborough lance un appel pour restaurer et protéger les Océans. Crédit – Keith Scholey © Silverback Films et Open Planet Studios

Redonner vie à l’océan

« Ce film a été soigneusement planifié », explique Colin Butfield. L’équipe a passé un an à développer le scénario et la structure. « Nous avons divisé le film en trois sections : découverte, destruction et espoir. Nous avons ensuite parcouru le monde et les revues scientifiques pour trouver les meilleurs exemples des trois ».

Le film, conçu pour le grand écran afin de donner l’impression d’une immersion totale dans l’océan, a été tourné dans 11 pays à travers le globe. Plus de 500 heures ont été consacrées au tournage sous l’eau, et plus de 300 jours au tournage en mer. Le tournage le plus long a eu lieu en Antarctique, où l’équipe est restée pendant six semaines.

Open Planet Studios a mis à disposition toutes les images du film en libre accès, à l’aide d’une bibliothèque qu’elle a développée, afin qu’elles puissent être utilisées par exemple dans les écoles ou par les ONG.

Des menaces toutes liées aux activités humaines

L’océan est indispensable à l’alimentation, avec plus de trois milliards de personnes dépendant de lui pour leur source de protéines. Mais le documentaire met en lumière les dégâts causés par les méthodes de pêche modernes, telles que le chalutage de fond, qui consiste à tracter un filet lesté sur le fond marin pour capturer poissons et coquillages. Des habitats fragiles, vieux de plusieurs siècles, sont détruits en un instant.

« Les chalutiers détruisent les fonds marins avec une telle force que leurs traces de destruction sont visibles depuis l’espace », explique David Attenborough dans le film. Un chalutier peut jeter plus de trois quarts de sa prise. Le déplacement des sédiments marins de cette manière libère également de grandes quantités de carbone, contribuant aux émissions de gaz à effet de serre.

Pour obtenir des images du chalutage, que le film décrit comme une première mondiale, l’équipe a collaboré avec des scientifiques qui l’impact de cette méthode de pêche et a attaché des caméras aux dragues pendant qu’elles ratissaient les fonds marins.

Le film montre également le plus grand événement de blanchissement massif des coraux de l’histoire, et avertit que près 90% de tous les coraux risquent de disparaître dans les 30 prochaines années.

Sauver l’océan pour protéger notre avenir

Malgré les messages alarmants sur l’état de notre océan, le dernier chapitre du film est rempli d’espoir et d’optimisme. « Aujourd’hui, [l’océan] est dans un état de santé si déplorable qu’il serait difficile de ne pas perdre espoir, si ce n’était pour la découverte la plus remarquable de toutes. L’océan peut se rétablir plus vite que nous ne pourrions jamais l’imaginer. Il peut renaître », estime David Attenborough dans le film.

« Nous avons maintenant une opportunité extraordinaire. Le rétablissement de la santé de nos océans bénéficie à tous, et inversement, la destruction de nos océans est préjudiciable à tous », commente Colin Butfield, qui appelle à la fin du chalutage de fond dans les aires marines protégées et à des actions encore plus ambitieuses de la part des gouvernements.

La Conférence des Nations Unies sur l’Océan vise à adopter un Plan d’Action de Nice pour l’Océan, et comme le souligne David Attenborough dans son film, il n’y a plus de temps à perdre.

 

Plus d’information

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La projection du film « David Attenborough : L’appel de l’Océan » dans le cadre de Ciné ONU a été organisée par Centre régional d’information des Nations Unies (UNRIC), le
Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’UNESCO et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme ainsi que la mission du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne, la Commission européenne et Open Planet Studios.

 

 

 

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