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ClimatEnergie : le chef de l’ONU appelle à taxer les super profits

Energie : le chef de l’ONU appelle à taxer les super profits

António Guterres a appelé mercredi à l’instauration par les Etats d’une « taxe exceptionnelle » sur les profits records des industriels des énergies fossiles, profits qu’il a qualifiés « d’immoraux ».

Pour le Secrétaire général de l’ONU, cette taxe exceptionnelle devrait servir à financer des politiques équitables et des solutions énergétiques durables, en écho à la dernière note du Groupe de réponse aux crises mondiales (GCRG).

Ce groupe a été créé en mars 2022 pour s’organiser face aux crises dans les secteurs de l’alimentation, de l’énergie et de la finance provoquées par la guerre en Ukraine et la pandémie de Covid-19.

« Alors que la guerre en Ukraine continue de faire rage, la montée en flèche des prix de l’énergie aggrave une crise existentielle du coût de la vie pour des centaines de millions de personnes », a averti le Groupe.

Près de 100 milliards de dollars de bénéfices

Or « malgré cette situation alarmante, les grandes compagnies pétrolières et gazières ont récemment déclaré des bénéfices records », s’est alarmé le Secrétaire général, avant de qualifier la situation d’« immorale ».

Les bénéfices combinés des plus grandes compagnies énergétiques au premier trimestre de cette année sont proches de « 100 milliards de dollars », a-t-il affirmé, demandant instamment aux gouvernements de taxer ces bénéfices « excessifs » et d’utiliser les fonds collectés pour soutenir les personnes les plus vulnérables « en ces temps difficiles ».

Effets sur les pays en développement

Le Secrétaire général a également émis la crainte que la hausse des coûts de l’énergie exclut des marchés de l’énergie de nombreux pays en développement, notamment les communautés les plus vulnérables. Or « ces pays subissent déjà de plein fouet la crise du coût de la vie » et « ont connu des revers majeurs en matière d’accès à l’énergie et de progrès en matière de développement durable depuis la pandémie de Covid-19 », a remarqué M. Guterres.

« Plus inquiétant encore, on pourrait assister à une ruée vers le carburant », s’est inquiété le chef de l’ONU : le rapport du Groupe craint en effet une spirale d’enchères où seuls les pays les prix plus offrants pourraient avoir accès à l’énergie.

« Les gouvernements ont donc besoin d’une marge de manœuvre budgétaire pour soutenir leurs populations les plus vulnérables afin d’éviter d’aggraver les niveaux de pauvreté énergétique voire de perdre complètement l’accès à l’énergie », a recommandé le Secrétaire général.

Réduire la demande en énergies fossiles

La guerre en Ukraine et la crise énergétique mondiale qu’elle a entraînée rappellent de façon brutale la nécessité de développer la résilience énergétique et d’opérer la transition vers les énergies renouvelables, selon le GCRG.

Ce dernier rappelle aussi que toute politique et mesure de protection à court terme devrait contribuer à atténuer la crise, y compris les efforts visant à promouvoir l’efficacité énergétique et la réduction de la demande, « et non à l’exacerber », en subventionnant l’utilisation de combustibles fossiles.

À moyen et long terme, le monde doit redoubler d’efforts en matière d’énergies renouvelables pour atteindre les objectifs de zéro émission nette, lutter contre la pauvreté énergétique, ainsi que « renforcer et diversifier le bouquet énergétique mondial », selon la note du GCRG. À cette fin, le document souligne la nécessité d’augmenter considérablement les investissements mondiaux dans ce domaine.

Article original sur ONU Info

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