Le conflit autour de la souveraineté du Sahara occidental dure depuis un demi siècle et a causé le départ vers des camps de réfugiés de centaine de milliers de personnes.
De quoi s’agit-il ?
Depuis 50 ans, l’Algérie accueille des réfugiés sahraouis, ce qui en fait la deuxième situation de réfugiés la plus ancienne au monde, après les Palestiniens.
Ces réfugiés fuient un conflit entre le Maroc, qui revendique le Sahara occidental et le Front Polisario, qui exige l’indépendance de ce territoire.
On estime que 173 600 personnes réparties dans cinq camps ont besoin d’aide humanitaire.
Ces réfugiés vivent dans cinq camps près de la ville de Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie, caractérisés par des températures pouvant dépasser 50 degrés et où les pluies sont rares et faibles. Le désert rude et isolé, avec des tempêtes de sable fréquentes, limite les moyens de subsistance et les opportunités économiques.
Origine de la crise
Un conflit entre le Maroc et le Front Polisario au sujet de la souveraineté du Sahara occidental se poursuit depuis le retrait de l’Espagne de la région en 1975. La situation politique reste non résolue, si bien que les camps de réfugiés ont été la seule alternative pour les réfugiés sahraouis. Le statu quo a alimenté la frustration et la désillusion, surtout chez les jeunes.
Impact sur les populations
Les dernières données de l’ONU et du Programme alimentaire mondial (PAM) indiquent qu’environ 80 à 88% de la population de réfugiés sahraouis dans les camps de Tindouf est en situation d’insécurité alimentaire ou à risque d’insécurité alimentaire, soit entre 140 000 à 153 000 personnes.
60% sont économiquement inactifs, et un tiers n’ont aucune source de revenus. La malnutrition aiguë mondiale touche près de 11% des enfants âgés de 6 à 59 mois. L’anémie touche plus de la moitié des enfants de cette tranche d’âge, ainsi que les femmes en âge de procréer.
Une mauvaise alimentation et un manque de sensibilisation nutritionnelle entraînent des problèmes tels que des carences en minéraux et vitamines ainsi que du surpoids/obésité chez les femmes.
Le peuple sahraoui risque de perdre sa culture et son identité en raison de la prolongation de cette impasse politique.
Origine du conflit
Le Sahara occidental, territoire situé sur la côte nord-ouest de l’Afrique, fut administré comme colonie espagnole jusqu’en 1976.
Dans le contexte de la décolonisation, le Maroc et la Mauritanie revendiquèrent tous deux ce territoire, revendication à laquelle s’opposa le Front Polisario, mouvement de libération sahraoui.
Lorsque les accords de Madrid de 1975 partagèrent le territoire entre le Maroc et la Mauritanie, transférant les responsabilités administratives espagnoles à ces deux pays, un conflit armé éclata entre le Front Polisario d’une part, et le Maroc et la Mauritanie d’autre part.
La Mauritanie renonça à ses revendications sur sa portion de territoire en 1979, signant un accord avec le Front Polisario. Le Maroc prit alors en charge l’administration des parties du territoire laissées vacantes par la Mauritanie.
Depuis le retrait de l’Espagne en 1976, les Nations Unies s’efforcent de trouver un règlement au Sahara occidental. En 1979, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) s’est également engagée activement dans la recherche d’une solution pacifique au conflit.
Réponse de l’ONU à la crise
Le Sahara occidental figure sur la liste des territoires non autonomes des Nations Unies depuis 1963, suite à la transmission d’informations sur le Sahara espagnol par l’Espagne en vertu de l’article 73 de la Charte des Nations Unies.
La Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) a été créée par la résolution 690 du Conseil de sécurité en 1991, conformément aux propositions de règlement acceptées en 1988 par le Maroc et le POLISARIO.
Le plan de règlement prévoyait une période de transition pour la préparation d’un référendum au cours de laquelle le peuple du Sahara occidental choisirait entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. Le référendum n’a toujours pas eu lieu.
Les Nations Unies sont depuis longtemps engagées dans la recherche d’une solution pacifique au conflit autour du Sahara occidental. Le 6 octobre 2021, le Secrétaire général a nommé Staffan de Mistura comme son Envoyé personnel pour le Sahara occidental afin d’assurer les bons offices au nom du Secrétaire général.
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